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Soyez signataires de notre lettre ouverte à l’administration ! Pour que la réforme des langues et la certification ne soit pas préjudiciables aux étudiants s’étant engagés dans leur master bien avant ce changement !

Signez cette lettre en Péniche, au local syndical, ou encore montrez votre accord en rejoignant le groupe Facebook.

Lettre ouverte à la direction, à l’initiative de l’UNEF Sciences Po et des étudiants en deuxième année de Master,

Monsieur le directeur-adjoint, directeur des Etudes et de la Scolarité,

Monsieur le directeur des Langues,

Etudiants en deuxième année de Master, nous avons appris que l’obtention de notre diplôme serait conditionnée à l’obtention d’une certification du niveau C1 en anglais. Conscients que cette mesure a été votée au Conseil de Direction de l’IEP, nous sommes cependant dans une situation transitoire nous mettant en difficulté et nous n’avons aucune information concernant les modalités exactes de la certification.

Beaucoup d’entre nous ne sont pas concernés par la session d’IELTS gratuite organisée par Sciences Po en janvier, pourquoi ? Aurons-nous tous le droit à une certification gratuite ? Quand et comment devrons-nous passer ce test ?

Par ailleurs, nous ne connaissons pas les conséquences exactes en cas de non obtention du certificat. Devrons-nous redoubler notre année ? et donc repayer des frais d’inscriptions et revalider des matières déjà validées ?

Enfin, lorsque nous nous sommes engagés dans les différents Masters de Sciences Po, cette mesure n’était pas en vigueur. Il s’agit d’une condition de validation totalement nouvelle, qui n’existait pas lors de notre inscription en Master et encore moins lors de notre inscription à Sciences Po. La rétroactivité d’une réforme n’est acceptable que dans la mesure où elle se fait au bénéfice des étudiants.

Or, dans le cas présent, la réforme se fait sans concertation ni information, nous laissant simplement dans l’expectative face aux décisions prises par l’administration à 6 mois du terme de nos études. Dans ces conditions l’application de cette réforme votée après notre entrée en master revient à pénaliser l’ensemble de notre promotion.

Dès lors, plusieurs éléments sont aujourd’hui indispensables :

  • une information complète
  • la gratuité de la certification pour tous les étudiants
  • et la bienveillance à l’égard de ceux qui n’auraient pas obtenus le niveau C1 (M. Descoings parle de « souplesse » dans le procès verbal du Conseil de Direction du 25 mai 2009).

Dans l’attente de réponses claires à nos nombreuses questions, ainsi que de modalités transitoires nous permettant de ne pas être lésés par la réforme de l’anglais,

Veuillez recevoir, Monsieur le directeur-adjoint, directeur des Etudes et de la Scolarité, et Monsieur le directeur des Langues, nos respectueuses salutations.

Vous vous en souvenez surement, la réforme des langues votée l’an dernier impliquait la fin des évaluations semestrielles et des bi-classes, valorisait la place active des étudiants dans leur apprentissage des langues, mais la diplomation de Sciences Po était en contrepartie conditionnée par l’obtention d’un niveau C1 évalué par une certification couperet.

L’UNEF a eu position très claire sur ce point : Elle s’est toujours positionnée pour l’autonomie qu’instituait la réforme. Cependant, nous nous sommes opposés à la mesure couperet que constituait la certification obligatoire en M2. En effet, elle conditionne la validation de l’ensemble des compétences et savoirs acquis pendant les 5 ans à SciencesPo à la seule note de l’IELTS. Que le niveau d’anglais soit évalué en fin de cursus au même titre que les autres modules est une chose, qu’il détermine l’obtention du diplôme en est une autre, surtout lorsque l’on sait que les étudiants issus des sites délocalisés ont moins pratiqué leur anglais que les parisiens, et qu’ils ne peuvent faire valoir leurs compétences dans d’autres langues. Ainsi l’UNEF se positionne pour une évaluation du niveau d’anglais en fin de formation à condition cependant qu’elle soit gratuite et que sa réussite ne conditionne pas à elle seule l’obtention du diplôme.

Nous nous sommes néanmoins battus pour obtenir la gratuité de cette certification et son financement intégral par l’IEP. Alors même que les masters nouvellement inscrits à partir de 2009 payeront jusqu’à 12000 leur année, il était inconcevable pour l’UNEF de voir une nouvelle fois les étudiants lésés par la politique de financement injuste et désastreuse de Sciences Po. Cette revendication a été prise en compte, et il vient d’être proposé aux étudiants de M2 de passer gratuitement leurs épreuves d’IELTS cette année.

L’UNEF se satisfait de cette mesure, qui offre à tous les étudiants de M2 de sortir de Master avec une certification externe, ce qui est très positif. Par ailleurs, il ne s’agit pas de se réjouir trop vite de cette avancée. Elle ne signifie en rien la volonté de Sciences Po de réorienter sa politique sélective. Nous restons donc vigilants quant à l’extension de ce système « couperet »

pour le bachelor, et suivrons de près la mise en place de cette mesure sur le long terme.

Depuis le début de l’année est appliquée la réforme de l’enseignement de l’anglais à Sciences Po. Suite à certaines informations erronées qui circulent sur internet, l’UNEF souhaite vous tenir au courant des changements qui ont été réellement actés ainsi que de leur application.

Comme nous vous en faisons part dans nos interventions depuis le début de la semaine, le système des trois absences autorisées est bel et bien conservé, en cours de langues comme dans les autres enseignements. Ce n’est donc qu’au bout de la QUATRIEME absence, et non troisième, que vous serez considérés comme défaillants. N’hésitez pas à vous adresser au département des langues si vous rencontrez toujours un problème de ce type.

La réforme prévoit que le diplôme soit conditionné à l’obtention d’un niveau C1 (niveau 4) en anglais. La possibilité d’une certification gratuite nous a été assurée lors du vote de la réforme, depuis déjà plus de 5 mois. Le département des langues, quant à lui, est en négociations avec le British Council afin de pouvoir proposer une certification externe, par l’IELTS, qui serait subventionnée entièrement par Sciences Po. Accessible à chaque étudiant à la fin de sa 5ème année, elle certifierait de ce fait gratuitement un niveau d’anglais courant, durant les deux années suivant l’obtention du diplôme. Ce n’est donc pas de la direction de l’IEP que dépend la décision, et encore moins d’une “e-pétition”. Si les négociations aboutissent, cette décision sera mise en place dès la première vague de diplomation en début d’année 2010.

Enfin, en ce qui concerne la LV2, c’est avec plaisir que nous vous avons informé, entre autres dans notre lettre des élus d’octobre, des avancées de l’UNEF sur ce point au tout début du mois de septembre : la LV2 est désormais disponible sans conditions à partir du niveau B2 (niveau 3) en anglais sur le campus de Paris, le système des campus décentralisés étant conservé. L’accès à partir d’un B1 (niveau 2) en anglais est possible sur dérogation. Néanmoins la dérogation n’est malheureusement pas automatique. Elle sera simplifiée si vous choisissez d’étudier une langue dite “stratégique”, dont la liste est disponible sur le site de l’IEP. Il n’y a donc eu aucun changement sur ce point précis depuis mi-septembre.

N’hésitez surtout pas à nous contacter pour vos éventuelles questions, problèmes, demandes d’information, ou autres, et n’oubliez pas de nous soutenir en signant symboliquement des chèques de 0€ de soutien à nos revendications sur les frais d’inscription et la linéarisation !

Si l’UNEF dénonce le principe de frais d’inscription dégressifs c’est que nous pensons que l’accès à l’éducation est un droit, et non un investissement personnel. C’est pourquoi nous revendiquons le principe de gratuité afin de garantir l’accès de tous à ce qui devrait être un bien public. Faire reposer le financement des études sur les étudiants et non sur la solidarité nationale nie le fait que l’enseignement supérieur soit bénéfique à l’ensemble de la société. Ses retours ne sont pas exclusivement privés et ce n’est pas directement à l’étudiant que devrait incomber la charge de le financer. Cela remet de plus en cause l’autonomie de l’étudiant, le montant des frais d’inscriptions, calculé en fonction du revenu des parents, accentue la dépendance de l’étudiant vis à vis de sa famille. Aujourd’hui encore nous nous mobilisons donc contre la nouvelle augmentation des frais

argentpiece

Quatre ans à peine après le dernier “ajustement” des frais de scolarité, un an après la dernière augmentation, une évidence, dénoncée par l’UNEF depuis la première réforme, semble s’imposer à tous: ce modèle de financement, qui fait reposer une part croissante du coût des études sur les étudiants eux mêmes, n’est ni viable ni justifiable. Sous couvert de justice sociale, la direction a ainsi décidé en 2009 d’augmenter une fois de plus le montant des frais d’inscription, jusqu’à +120% (rien que ça!). Retour sur une fuite en avant perpétuelle et sur nos propositions pour améliorer le système !

Depuis la 1ere grande réforme des frais d’inscription en 2003, l’UNEF dénonce le principe des frais d’inscription dégressifs pour de multiples raisons. Fondamentalement, nous pensons que l’accès à l’éducation est un droit, et non un investissement personnel. Faire reposer le financement des études sur les étudiants et non sur la solidarité nationale nie le fait que l’enseignement supérieur soit bénéfique à toute la société. Ses retours ne sont pas exclusivement privés et ce n’est donc pas directement à l’étudiant que devrait incomber la charge de le financer. En outre, cela remet en cause l’autonomie de l’étudiant : le montant des frais d’inscription, calculé en fonction du revenu des parents, accentue la dépendance de l’étudiant vis à vis de sa famille. Les situations d’indépendance fiscale ne sont quasi jamais reconnues par l’établissement.

Mais le problème du système de frais d’inscriptions de Sciences Po est bien plus vicieux: il implique la perpétuation d’une structure sociale où dominent largement les classes les plus favorisées. Le maintien d’une telle structure va à l’encontre de la volonté affichée de démocratisation de l’établissement. La part des frais d’inscription est toujours plus importante dans le budget de Sciences Po, et le montant des recettes liées aux frais dépend de la structure sociale des étudiants présents à l’IEP. Se cette structure évoluait dans le sens d’une démocratisation, en diminuant l’hégémonie des classes favorisées, le budget de l’IEP serait mis en danger. Que se passerait-il si demain le montant des bourses versées par Sciences Po dépassait les recettes issues des frais d’inscription?

Ainsi le système dégressif est ou bien un frein à la démocratisation réelle de Sciences Po, ou bien un danger pour la stabilité budgétaire de l’IEP. Dans ce cas la solution la consiste à faire payer toujours plus les étudiants, solution apparemment retenue par la direction, au vu des 3 augmentations successives de frais d’inscription qui ont eu lieu ces 6 dernières années. Les étudiants assuraient directement 4% du financement de Sciences Po en 2004, 22% en 2009. Cela pousse et légitime le désengagement financier de l’Etat, qui investit cette année 221 Euros de moins par étudiant soit un total de plus de 2 000 000 Euros de pertes pour Sciences Po. Vous avez bien dit fuite en avant…?!

pecresseInégalités entre étudiants, concurrence entre universités, désengagement de l’Etat…

Pourtant en cette rentrée, Valérie Pécresse essaye de nous faire croire que tout va bien à l’université : le coût de la vie étudiante serait en baisse, l’encadrement des étudiants se serait amélioré, l’investissement de l’Etat dans l’enseignement supérieur n’aurait jamais été aussi important… Pourtant comme l’a montré la mobilisation l’an dernier, pour les étudiants la situation est particulièrement difficile. On est en droit de s’interroger : dans quel monde vit la ministre?

La politique universitaire menée depuis deux ans n’a pas permis de répondre aux insuffisances du service public mais les a au contraire renforcées. Fragilisé par des années de pénurie budgétaire, le service public d’enseignement supérieur est aujourd’hui mis à mal par le désengagement de l’Etat, qui se défausse de ses responsabilités politiques politiques sur des universités autonomes pour se limiter à assurer un service minimum.

Parce qu’étudier est un droit et non un privilège, défendons le service public!

- Contre la concurence : exigeons l’égalité des droits
- Pour lutter contre le chômage : exigeons des diplômes de qualité reconnus
- Contre l’échec : exigeons la réussite de tous !
- Contre le désengagement de l’Etat : exigeons des moyens pour étudier

Books stack

Depuis maintenant 3 semaines, quasiment toutes les organisations étudiantes font entendre la voix des étudiants contre la réforme des prêts entre sites qui limitait la possibilité pour les étudiants des campus délocalisés de pouvoir emprunter des ouvrages de la bibliothèque de Paris. La volonté était de limiter à 5 ouvrages et 5 articles par semestre le prêt entre sites.

Cette mesure a dès le départ été dénoncée parce qu’elle remet en cause le principe d’égalité entre tous les étudiants de Sciences Po. Ceux qui étudient sur les campus délocalisés ne doivent pas avoir des conditions d’études au rabais.

Une pétition unitaire a été lancée sur les campus délocalisés recueillant près de 600 signatures. Devant le mécontentement exprimé par un nombre conséquent d’e-mails reçus et les interpellations de la part des représentants étudiants,  la direction a rehaussé la limite à 10 ouvrages et 10 articles par semestre. Cette mesure est assortie d’une durée d’emprunt de 3 semaines, tout en gardant la possibilité d’augmenter ce seuil de 10 ouvrages sur simple demande motivée. Cette nouvelle réforme est directement applicable, dans l’ensemble des campus en région de l’IEP.

La formation des vacataires de la bibliothèque sera également renforcée, et dès le premier semestre 2010 sera accrue l’information relative à l’utilisation des ressources en ligne et disponibles dans les bibliothèques universitaires.

Il s’agit d’une victoire des étudiants rendue possible par l’unité des organisations syndicales autour de cette question, et par l’implication des étudiants qui ont été nombreux à refuser cette mesure.

Les représentants des étudiants.

Téléchargez ici l’ensemble de l’analyse de l’UNEF sur la réforme du concours. Pour saisir l’ensemble des enjeux, notamment sociaux, qui étaient posés par cette réforme !

Le Conseil de Direction s’est engagé, ce lundi 19 octobre, à avancer le concours à fin juin (entre les épreuves et les résultats du bac) ainsi qu’à organiser des sessions d’examen en province. Le contenu des épreuves sera en outre rapproché des épreuves du Bac et un oral sera organisé à titre expérimental pour 300 étudiants. L’UNEF a apporté son soutien à cette réforme, qui vient couronner avec succès sa campagne pour une réduction des biais sociaux à l’entrée de Sciences Po.

Cela fait des années que l’UNEF défend la nécessité d’une réforme du concours d’entrée en première année qui, dans sa forme actuelle, est porteur des biais sociaux importants, comme l’a montrée l’enquête de Vincent Tiberj, chercheur au CEVIPOF. Cela génère un phénomène de reproduction sociale qui n’est pas acceptable. C’est cette exigence de justice sociale que nous avons voulu placer au coeur des débats sur la réforme des procédures d’admission, tout particulièrement ces dernières semaines. La résolution adoptée ce matin en Conseil de Direction vient acter officiellement une série de mesures que l’UNEF appelle de ses veux depuis plusieurs années.

Tout d’abord l’avancement du concours à la fin du mois de juin, entre les épreuves et les résultats du bac. Ce changement de calendrier permettra de couper l’herbe sous le pied aux très onéreuses prépas privées, actuellement responsables d’un inquiétant phénomène de sélection par l’argent. D’autre part, la réforme ne se cantonne pas à un simple changement de calendrier, ce dont l’UNEF se félicite. Parce que nous somme conscients qu’un simple avancement de la date des épreuves ne suffira pas à éliminer le phénomène des prépas privées (qui se reporteront probablement sur les vacances de février, de Pâques, ou se transformeront en prépas à l’année sous la forme de cours du soir), nous avons également insisté sur la nécessité de rapprocher le contenu des épreuves du programme du Bac, en cohérence avec le nouveau calendrier. Nous avons de toute évidence été entendus, puisque le Conseil de Direction s’est engagé aujourd’hui à modifier le contenu des épreuves. Ainsi, la résolution adoptée prévoit qu’ un sujet sur 3 de l’épreuve d’histoire portera sur le programme du bac (après 1945) et que l’épreuve sur documents sera transformée en une épreuve au choix selon les filières. Nous avons également obtenu satisfaction sur la mise en place de centres d’examen en région (la résolution adoptée ce matin prévoit d’organiser des sessions du concours dans 3 sites délocalisés de Sciences Po dès 2010 et d’étudier une extension à d’autres lieux pour les années suivantes). Cela permettra de réduire les effets d’autocensure et les inégalités territoriales générées par le coût du concours (nécessité de s’acquitter des frais de dossier mais surtout de se déplacer à Paris et d’y passer une nuit). Enfin, la direction s’achemine vers la mise en place d’un oral comme seconde étape de la procédure d’admission. A l’UNEF, cela fait des années que nous défendons un modèle de sélection en deux étapes (admission/admissibilité), qui permettrait de réduire mécaniquement les biais sociaux. En effet l’enquête du CEVIPOF montre que le meilleur moyen de diminuer les biais sociaux est de diminuer le ratio nombre d’admis / nombre de candidats. Or organiser une seconde phase de sélection implique une hausse du taux d’admissibilité concernant les épreuves écrites et donne alors davantage de chances aux candidats issus de catégories socio-professionelles défavorisées de faire leurs preuves. Ainsi un concours se déroulant en deux phrases de sélection sera bien plus juste socialement. La résolution adoptée ce matin prévoit la mise en oeuvre d’un oral pour les 300 candidats “à la limite” (150 sur la procédure Mention Très Bien, 150 sur les résultats du concours d’entrée). L’UNEF s’en félicite et souhaite une généralisation de cette procédure dans les années qui viennent.
Cette réforme constitue donc une avancée significative qui témoigne de l’efficacité de la mobilisation des élus et des militants UNEF autour de la question du concours. Par notre force de conviction et de mobilisation, nous avons su imposer notre grille de lecture – le refus des biais sociaux – et peser substantiellement sur les termes de cette réforme. Pour autant, notre combat pour la démocratisation du concours d’entrée ne doit pas s’arrêter là. Les modifications des épreuves décidées en Conseil de Direction  sont insuffisantes au regard de l’ampleur des biais sociaux. Nos élus en Conseil de Direction ont demandé que soit acté immédiatement le principe d’un meilleur encadrement de l’épreuve de Culture Générale, par une bibliographie voire des concepts-clés. A moyens financiers constants, cette mesure permettrait de donner à tous les lycéens, quel que soit leur capital culturel, les moyens de préparer l’épreuve dans de bonnes conditions. A plus long terme, nous souhaitons notamment obtenir le regroupement des épreuves sur une seule journée (afin d’épargner aux plus défavorisés le coût de l’hébergement sur le lieu d’examen), ou réduire le coefficient de l’épreuve de langue (la maîtrise d’une langue étrangère étant une compétence à la fois indispensable à l’entrée de Sciences Po et l’épreuve la plus discriminante socialement au concours d’entrée, nous proposons de rendre l’épreuve de langue « neutre » et l’affectant d’un coefficient 0, tout en maintenant la note éliminatoire.

Les sites en région se développant, les étudiants des premiers cycles délocalisés de Sciences Po voient chaque année certaines règles changer. En ce début d’année universitaire ils font face à un nouveau règlement qui laisse présager une régression dans la qualité de leurs conditions d’études. Il s’agit de la modification des conditions du prêt entre sites (PES), le système qui permet aux étudiants en région demander gratuitement des livres de la bibliothèque « mère » de Paris.

En effet, depuis la rentrée 2009, la direction de la bibliothèque a décidé, sans consulter les conseils de l’IEP, de limiter à cinq ouvrages et cinq articles par semestre le nombre de documents que les étudiants de ces cycles sont autorisés à demander. Cette mesure vise à réduire drastiquement le nombre de livres empruntés via le PES car il n’y avait jusqu’alors aucune limitation du nombre d’envois…

Les conditions du PES ont été modifiées de façon arbitraire, puisque l’on ne sait pas pour quelles raisons le nombre de livres a été limité à cinq. De plus, cette modification a été décidée sans le moindre débat et ne correspond pas du tout à la politique de l’établissement qui prône l’égalité entre tous les étudiants et l’amélioration de leurs conditions d’études.

L’argument avancé pour justifier cette mesure est bien sur d’ordre économique. Selon les études de la bibliothèque, dont on ne connait pas la façon de procéder pour arriver à un tel constat, une grande quantité d’ouvrages envoyés par Paris ne seraient pas utilisés par les étudiants et constitueraient donc un gaspillage. Il est cependant curieux d’observer qu’à l’heure où l’IEP augmente les frais d’inscription payés par les étudiants la bibliothèque prenne de pareilles mesures pour essayer d’économiser quelques centaines d’euros par semestre …

Selon la bibliothèque, le PES est victime de retards dans les envois et les demandes, d’erreurs d’étudiants qui demandent de mauvais livres ou encore d’envois de livres présents dans les bibliothèques des sites délocalisés ou des bibliothèques universitaires des villes dans lesquels ils sont implantés.

Il semble vérifié qu’une partie des ouvrages demandés par le PES ne sont pas utilisés et que le système n’est pas à l’abri des abus dans certains cas. Cependant, les modifications des conditions du PES heurtent le principe d’égalité entre les étudiants et remet en cause leur capacité à mener des recherches approfondies pour leurs travaux.

Les étudiants en cycles délocalisés, comme les étudiants parisiens, doivent réaliser une série de travaux sur un semestre qui compte, outre les exposés, fiches de lecture et autres dissertations des mémoires de recherche sur des thèmes très particuliers. La préparation correcte de tous ces travaux exige la consultation de livres très spécialisés et très récents. En effet, les cycles en régions travaillent sur des aires géographiques précises et en rapide évolution. Seule la bibliothèque de Paris a la possibilité d’acheter ce type de livres nécessaires aux étudiants.
Donc dans le nouveau système de PES, l’étudiant devra commencer à faire des calculs dès le début du semestre pour décider quels travaux il fera de manière sérieuse et documentée et lesquels il devra “sacrifier” faute d’informations pertinentes.

Les bibliothèques de certains premiers cycles ne dépensent pas tout leur budget à la fin de l’année civile et renvoient de l’argent à Paris. Certaines d’entre elles ont encore la place suffisante pour accueillir de nouveaux livres et dans ce cas, il serait logique d’investir dans des livres adaptés aux enseignements, en concertation étroite avec les professeurs. Mais dans le cas où les bibliothèques ne peuvent accueillir de nouveaux livres (premier cycle de Dijon par exemple), le système de PES est indispensable aux étudiants, tout comme dans les villes où la bibliothèque universitaire est inexistante (premier cycle de Menton) ou peu fournie.

Un débat ouvert entre la bibliothèque, les étudiants et les professeurs pourrait permettre de trouver des solutions pour améliorer le système sans pour autant nuire aux étudiants et à la qualité de leurs travaux.

Ainsi, l’UNEF demande un recul de la direction sur cette réforme. La mise à disposition pour les étudiants en campus délocalisés des ouvrages et périodiques de la bibliothèque sans limitation, comme cela se fait à Paris, est une condition indispensable pour permettre à tous de réaliser des travaux documentés et de qualité.

Pour limiter les abus et les erreurs qui causent du tort au système de PES, l’UNEF demande à ce que les résumés des ouvrages disponibles sur le site de la bibliothèque soient étoffés afin de limiter l’envoi de mauvais livres.

L’égalité entre tous les étudiants de Sciences Po et les conditions d’étude des étudiants en cycles délocalisés est une préoccupation majeure de l’UNEF à l’IEP. Ainsi, nous soutiendrons la mobilisation des étudiants en cycles délocalisés contre les nouvelles modalités du PES.

La question de la réforme du concours d’entrée revient sur le devant de la scène à Sciences Po. A l’origine de ce regain d’intérêt, la mise en place d’un diplôme en fin de premier cycle (bac+ 3), le « Bachelor », décidée l’an dernier (voir ici l’analyse de l’UNEF sur cette réforme),  qui s’accompagne d’une refonte des enseignements du premier cycle et notamment d’une réforme du calendrier universitaire de Sciences Po. Ainsi, dès la rentrée 2010, la rentrée des étudiants aurait lieu au 1er septembre, avec a priori un stage d’intégration (pour les admis en première année) aux derniers jours d’août.

L’avancement de l’examen d’entrée en Première Année, dit concours, ne peut donc plus se dérouler fin août, comme c’était le cas jusqu’à cette année. Avancer la date des épreuves constitue donc désormais une nécessité impérative. C’est la raison pour laquelle l’administration de Sciences Po a décidé d’avancer la date du concours, et étudie aujourd’hui plusieurs options (avant le bac, entre les épreuves et les résultats du bac…). D’où la consultation étudiante actuellement en cours.

Mais la question de la réforme du concours d’entrée dépasse largement celle du calendrier des épreuves.

En effet, le concours d’entrée est, dans sa forme actuelle, porteurs de biais sociaux importants. A niveau académique équivalent, les étudiants issus de catégories socioprofessionnelles favorisées ont davantage de chances de réussir le concours que les étudiants issus de catégories plus modestes, comme l’a montrée l’enquête de Vincent Tiberj, chercheur au CEVIPOF, « Enquête sur les inégalités de l’examen d’entrée à Sciences Po : résultats, surprises et enseignements. ». Cela génère un phénomène de reproduction sociale qui n’est pas acceptable. C’est pourquoi  l’UNEF défend depuis des années la nécessité de réduire ce phénomène de biais social par une réforme globale du concours. Notre position est qu’il est prioritaire que l’accès à l’IEP soit  basé sur les capacités de chacun et sur la richesse du profil du candidat. Tout ceci indépendamment de son origine sociale, géographique, ou encore de son sexe. Ce n’est qu’à cette condition que Sciences Po s’enrichira d’une diversité reflétant la société actuelle.

Ainsi, nous voulons aujourd’hui élargir le débat ouvert par l’administration au travers de la consultation étudiante. Réduire la question de la réforme du concours à un simple changement de calendrier occulte un enjeu majeur, celui de la démocratisation de Sciences Po. C’est pourquoi nous nous sommes battus, sans succès, auprès de l’administration pour élargir la consultation étudiante à des questions qui nous semblent fondamentales, comme le contenu des épreuves, la pertinence d’introduire un oral de sélection…

concours

Un constat : le concours d’entrée à Sciences Po est socialement biaisé

Les statistiques disponibles sur le concours d’entrée en premier cycle de Sciences Po montrent que ce dernier est extrêmement biaisé socialement. L’étude de Vincent Tiberj (voir ci-dessus) a révélé que :

  • A niveau égal au bac, un non parisien a 2,3 fois moins de chances de réussir le concours qu’un parisien. Avec un handicap plus fort encore pour les franciliens non parisiens que pour les provinciaux.
  • De même les étudiants issus de catégories socioprofessionnelles défavorisées ont 2 fois moins de chances de réussir l’examen que ceux issus de catégories socioprofessionnelles favorisées.
  • On peut ajouter que les femmes ont 1,9 fois moins de chances de réussir l’examen que les hommes.

Les mécanismes à l’origine de ces biais sociaux sont multiples

Une candidature déjà socialement conditionnée : le phénomène d’autocensure.

Le fait de poser sa candidature à Sciences Po n’est déjà pas socialement neutre.

Avant même de se pencher sur la composition sociale du corps des admis à Sciences Po, un regard rapide sur le corps des candidats permet de se rendre compte qu’il est déjà fortement socialement biaisé par rapport à la composition de la population française (plus des trois quarts des candidats sont issus de catégories socio-professionnelles élevées ou CSP+). C’est donc très tôt, avant même le début de la sélection à proprement parler , que le processus d’admission se révèle inégalitaire.

On peut trouver plusieurs explications à ce phénomène. D’abord, une dissuasion d’ordre psychologique. L’image extrêmement prestigieuse de l’établissement peut pousser un certain nombre de lycéens parmi les plus défavorisés à penser qu ’ « ils ne  peuvent pas », que « ce n’est pas pour eux » ou qu’ils « n’y arriveront pas » (on peut y voir un effet de la violence symbolique décrite par Bourdieu dans ses ouvrages sur le système scolaire).

Un autre phénomène, non-négligeable, dissuade, voire empêche, un nombre important de lycéens de passer le concours : son prix. Les candidats doivent financer, outre le prix du concours (soit 150€, payés également pour le dépôt des dossiers des Mentions Très Bien), leur déplacement sur Paris et une nuit d’hébergement. Le coût total du concours devient alors exorbitant pour un élève venant par exemple des Antilles. Or l’étude prouve qu’un important facteur d’inégalité est l’origine géographique, maintenir une telle organisation c’est donc augmenter ces disparités.

Bien sur, ces deux phénomènes se renforcent mutuellement : lorsque l’on manque de confiance en sa capacité de réussir le concours, la somme à débourser peut constituer un véritable obstacle. Il nous semble donc nécessaire de faciliter l’accès au concours pour tous, indépendamment des ressources financières ou de la situation géographique, afin de réduire au maximum ce phénomène d’autocensure.

Au niveau des épreuves

Dans sa forme actuelle, le concours se compose de :

- Une dissertation d’histoire de quatre heures. L’étude de V. Tiberj  montre que cette épreuve est la plus discriminante, socialement parlant. Ainsi, toutes choses égales par ailleurs (à niveau équivalent au bac), les candidats issus de Catégories Socioprofessionnelles favorisées réussissent cette épreuve avec 0,65 points de plus en moyenne que ceux issus de CSP défavorisées. Elle fait en effet appel à des connaissances pures, organisées selon un formalisme et une méthodologie très stricts. De plus, cette épreuve ne porte pas uniquement sur le programme de la terminale qui va de 1945 à nos jours, mais  sur toute la période entre 1914 et 1945, ce qui implique donc que les candidats doivent apprendre cette période soit au détriment de leurs révisions pour le baccalauréat, soit de manière intensive entre la fin des épreuves et le début du concours.

-  Une épreuve de langue vivante de trois heures. L’enquête de Vincent Tiberj révèle que cette épreuve est, avec l’histoire, une des plus discriminantes (0, 49 points de plus pour les étudiants issus de CSP favorisées). En effet, les jeunes issus de CSP favorisées sont généralement plus en contact avec des milieux polyglottes ou anglophones et bénéficient souvent de séjours linguistiques divers. Actuellement, une note inférieure à 7/20 à cette épreuve est éliminatoire.

-         Une épreuve sur documents de quatre heures. Elle consiste en l’analyse d’un corpus d’une dizaine de documents à analyser. Cette épreuve, instaurée en 1998, est la seule à mettre tous les élèves à quasi-égalité vis-à-vis de leur niveau social. Elle dépend avant tout de la réflexion personnelle de l’étudiant et de sa capacité à synthétiser. Ainsi, bien que reposant sur une certaine méthodologie formelle, cet exercice semble remplir ses objectif de neutralité sociale.

-         Une épreuve de culture générale (dissertation ou épreuve de culture générale, sans programme)..Il faut une bonne base de connaissances pour réussir l’épreuve+ L’enquête de Vincent Tiberj a révélé qu’elle était moins socialement discriminante lorsqu’elle était corrigée par des profs de philo plutôt que par des profs de lettres. Cela démontre que, sans baisser le niveau des épreuves, il est possible de rendre l’examen socialement plus juste en valorisant d’avantage le fond et la réflexion (comme le font les professeurs de philo) qu’un formalisme excessif

La question des prépas, ou la sélection par l’argent

Le phénomène des prépas privées au concours d’entrée constitue également une source de biais sociaux importants. Ces prépas, souvent relativement confidentielles et extrêmement onéreuses, offrent actuellement des sessions intensives pendant les vacances d’été. C’est d’ailleurs précisément la raison pour laquelle l’UNEF défend depuis des années l’avancement des épreuves au mois de juillet, et se félicite que la direction avance aujourd’hui dans cette direction.

Quelle réforme pour quel concours ?

Lutter contre l’autocensure

Comme vu précédemment, l’autocensure est causée principalement par, un manque de confiance en soi (socialement construite) et des obstacles matériels causés par les modalités d’examen actuelles.

C’est donc sur ces deux aspects qu’il faut agir avec des actions ciblées.

Tout d’abord, il nous semble indispensable de mettre en place des centres d’examen dans les régions et les DOM-TOM, afin d’épargner aux candidats n’habitant en région parisienne d’exorbitants frais de transport. Pour prendre un exemple peut-être considéré comme moins « extrême » que les DOM-TOM, nous nous permettons de rappeler qu’il est extrêmement rare de trouver un Paris-Marseille aller-retour pour moins de 100 euros (en réservant 3 mois à l’avance et sans carte de réduction particulière ces voyages sont aux alentours de 130€).

Il faut ensuite étendre la gratuité du concours à un maximum d’étudiants. Le concours est déjà gratuit pour les boursiers, mais il doit l’être aussi pour les non-boursiers les moins aisés.

Enfin, pour éviter aux candidats de devoir payer une nuit d’hébergement, source de nombreuses difficultés , il nous semble nécessaire de faire tenir les épreuves sur une seule journée. Cela implique bien sur des modifications dans le contenu et  la nature des épreuves.

Modifier le contenu des épreuves.

Pour parvenir à faire tenir les épreuves sur une seule journée (et donc épargner aux plus défavorisés le coût de l’hébergement sur le lieu d’examen), nous proposons de laisser le choix à l’étudiant entre l’épreuve de Culture Générale et celle d’histoire.

La maîtrise d’une langue étrangère étant une compétence à la fois indispensable à l’entrée de Sciences Po et fortement discriminante socialement, nous proposons de rendre l’épreuve de langue « neutre » et l’affectant d’un coefficient 0, tout en maintenant la note éliminatoire. Ainsi, les candidats ayant obtenu une note inférieure à 7 seraient toujours éliminés, mais il ne serait plus possible pour des candidats « moyens » d’être admis grâce à une performance exceptionnelle dans l’épreuve de langues.

Parce que nous somme conscients qu’un simple avancement de la date des épreuves ne suffira pas à éliminer le phénomène des prépas privées (qui se reporteront probablement sur les vacances de février, de Pâques, ou se transformeront en prépas à l’année sous la forme de cours du soir), nous proposons également de rapprocher le contenu des épreuves du programme du Baccalauréat. En effet, et malgré l’existence de réelles disparités de niveaux entre les lycées, la Terminale constitue aujourd’hui la prépa la plus juste et la plus égalitaire qu’on puisse mettre en place. Faire porter l’épreuve d’histoire sur le programme de Terminale (45 à nous jours, au lieu de 1914 à nous jours actuellement) et rapprocher l’épreuve de Culture Générale des cours de philo de terminale permettraient ainsi, par exemple de minimiser l’efficacité et l’impact des prépas privées. De même, encadrer l’épreuve de Culture Gé par un programme précis (bibliographie, thèmes…) permettrait d’éviter de sur-valoriser les étudiants dotés d’un fort capital culturel familial et de permettre à tous les étudiants de préparer l’épreuve dans de bonnes conditions quel que soit leur milieu social.

Enfin, il nous semblerait nécessaire d’orchestrer un véritable changement de philosophie du concours et de sa correction, en mettant davantage l’accent sur les capacités d’analyse  réflexion des candidats plutôt que sur des questions de forme et de méthodologie.

L’ « effet concours » : des effets bénéfiques d’une sélection en deux étapes

Quand la différence entre le dernier candidat admis et le premier non reçu est de 1,5 points sur 240, il n’y a pas de droit à l’erreur. C’est sur cette petite marge que les biais sociaux (maîtrise absolue de l’expression écrite, environnement socioculturel…) jouent à plein, comme le montre l’enquête de Vincent Tiberj. La conséquence, c’est que le meilleur moyen de diminuer les biais sociaux c’est de diminuer le ratio nombre d’admis / nombre de candidats. C’est notamment pour cette raison que nous avons soutenu la politique d’augmentation du  nombre d’étudiants à Sciences Po ces dernières années menée par Richard Descoings. C’est aussi pour cette raison que nous ne nous sommes pas opposés à la disparition du concours à Bac + 1 (car cela permettait d’ouvrir plus de places au concours Bac + 0). Dans cette perspective, l’introduction d’une sélection en deux étapes (admissibilité / admission) permettrait de réduire mécaniquement les biais sociaux.

En effet, une ajouter une seconde phase de sélection implique, par effet mécanique, la hausse du taux d’admissibilité concernant les épreuves écrites et donne alors davantage de chances aux candidats issus de CSP défavorisées de faire leur preuves. Plus de taux d’admissibilité se relâche dans la première phase de sélection d’un  concours, plus on donne une chance à l’échantillon des admissibles d’être représentatif de la société. Ainsi un concours se déroulant en deux phrases de sélection est plus juste socialement qu’un concours se déroulant en une seule phase. La tenue d’une épreuve orale exclut donc définitivement une date de concours fin juillet, le délai nécessaire de correction de l’épreuve écrite n’étant plus suffisant par rapport aux dates de la rentrée.

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