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Posts Tagged ‘biais sociaux’

Durant un an vos élus UNEF ont été force de propositions, de revendications et de mobilisations. Notre engagement au quotidien pour l’égalité des droits entre les étudiants et la  promotion de leur autonomie a encore fait ses preuves. Ce bilan de mandat vous propose de revenir sur les actions que nous avons menées comme sur nos propositions qui ont su rester fidèles à nos engagements. Bonne lecture !

Au niveau local, trois grands axes se dégagent de ce bilan de mandat : la lutte contre la sélection sociale, l’engagement pour l’autonomie des étudiants et contre la sélection, enfin, les questions pédagogiques.

Sélection sociale.

En proposant une réforme du concours:
L’examen d’entrée était porteur de biais sociaux importants : alors qu’un candidat issu d’une catégorie socioprofessionnelle défavorisée avait deux fois moins de chance de réussir qu’un candidat issu d’une catégorie favorisée, et qu’un un candidat parisien en avait 2,3 fois plus qu’un non-parisien, l’UNEF a obtenu grâce à la crédibilité de ses propositions et à vos signatures :
• L’organisation de l’examen d’entrée entre la fin des épreuves du Baccalauréat et les résultats afin de réduire l’influence des prépas d’été onéreuses et discriminantes.
• L’organisation des épreuves dans des campus délocalisés afin de réduire les coûts de déplacement pour les candidats.
• L’introduction d’une épreuve orale qui permet de diversifier les critères d’évaluation des candidats.
• Un rapprochement du contenu des épreuves de celui du Baccalauréat (Culture générale encadrée, un sujet d’histoire portant obligatoirement sur la période après 1945) afin de réduire l’influence des prépas à l’année.

En s’opposant à l’augmentation des frais d’inscription profondément injuste liée au projet « Sciences Po Objectif 2013 », l’UNEF a en contrepartie pu obtenir:
–  le gel des trois premières tranches de frais de scolarité pour les étudiants en Bachelor
–  la limitation du montant pour les étudiants hors-UE à non plus 9500 euros (Bachelor) et 13 000 euros (Master) mais 8500 et 12 000.
Mais surtout, en étant le seul syndicat à s’opposer à cette réforme, l’UNEF a su rester fidèle à ses principes comme à ses promesses. Cette augmentation va à l’encontre du principe d’autonomie de l’étudiant en indexant les frais sur les revenus des parents et en niant la situation des étudiants devenus indépendants. La réforme est d’autant plus scandaleuse que la hausse moyenne des frais s’élève à plus de 60%, et qu’elle institue une discrimination financière à l’encontre des étudiants étrangers non-européens, comme à l’encontre des étudiants en Master. Notons qu’un étudiant international boursier doit payer 12 000 euros aujourd’hui pour étudier à Sciences Po ! Sous couvert de justice sociale, cette réforme constitue ainsi une atteinte à la démocratisation de Sciences Po.

Autonomie et sélection

Pour pallier au manque d’information concernant l’orientation en Master et la sélection déguisée entre premier et second cycles, l’UNEF s’est battue pour que les étudiants puissent faire leurs choix d’orientation de manière libre et éclairée.
En Décembre, l’UNEF a obtenu l’accord de l’administration pour la mise en place au second semestre d’un Forum de l’orientation. Idée avancée par nos élus, ce forum permettra à tous les étudiants de deuxième année, quel que soit leur campus,  d’être informés des différents programmes de Master au cours d’une journée d’échange avec des professeurs et des élèves de toutes les filières.
Alors que chacun devrait pouvoir s’orienter dans le Master de son choix (Article 34 du règlement de la scolarité), l’UNEF a dû réagir au mois de Juillet 2009 afin que l’école de la Communication accueille 3 étudiants qui avaient été à l’origine  « recalés » par un processus de sélection déguisé et illégal.
Les « vacances » ont également été marquées par l’obtention d’un droit depuis longtemps revendiqué par l’UNEF pour les étudiants de Prep’ENA. Grâce à la mobilisation de l’UNEF, ils peuvent désormais bénéficier d’une bourse du CROUS, au même titre que tout autre étudiant.

Questions pédagogiques

L’UNEF milite pour une pédagogie renouvelée, innovante et diversifiée, qui laisse aux étudiants l’autonomie nécessaire pour devenir les acteurs principaux de leur scolarité.
Deux points essentiels ont marqué l’action de l’UNEF tout au long du mandat 2009 :
La réforme des langues, votée en mai 2009, consacrait déjà l’autonomie de l’étudiant devant sa formation, le développement des cours en tutorat et la réduction des effectifs en cours de langue. Néanmoins, insatisfaits de ce que nous avions pu obtenir, nous n’avons pas cessé de nous mobiliser et d’ouvrir des discussions sur ces questions. Dès la rentrée 2009-2010, nous avons ainsi obtenu l’accès facilité à la deuxième langue, et ce dès le niveau 3. Plus récemment, une pétition de 600 signatures nous a permis de négocier la gratuité de l’IELTS en master et la mise en place de critères assouplis pour les actuels M2, en ce qui concerne l’obtention ou non de leur diplôme en cas d’échec à la certification externe.
En réaction au remplacement de certains cours en présentiel par du e-learning et devant l’augmentation des effectifs de promo, il a semblé nécessaire à l’UNEF de rappeler le droit fondamental de tout étudiant à bénéficier d’une place en amphi. Grâce à la mobilisation des étudiants, animée et relayée par les militants et les élus UNEF, le syndicat a obtenu les premiers dédoublements d’amphis pour la rentrée 2009-2010. Les modules fondamentaux d’histoire, d’actualisation en institutions politiques et d’économie des étudiants de première année ont été concernés.

L’UNEF un syndicat National…

Concilier en permanence batailles nationales et revendications locales est fondamental pour l’UNEF,  les conditions d’études et de vie des étudiants pouvant être améliorées à toutes les échelles. Dès lors, l’UNEF, en plus de ses victoires à l’IEP, a obtenu des avancées nationales majeures.
• Septembre 2009 : Le gouvernement met fin aux stages hors-cursus qui permettaient aux entreprises de remplacer à bon compte des salariés en CDD ou CDI par de jeunes diplômés, alors précarisés puisque non-rémunérés. L’UNEF, pour la juste reconnaissance des diplômes, s’est félicitée de ce décret, complété depuis par l’obligation de rémunération des stages en cours de formation.
• Depuis 5 ans, l’UNEF revendique en chaque début d’année l’obtention d’un 10e mois de bourse. Cette revendication était plus que légitime : hausse continue du coût de la vie pour les étudiants (notamment avec le logement), mais surtout 70% des étudiants qui reprennent désormais les cours en Septembre. En Octobre 2009, N. Sarkozy annonce enfin la création d’un versement de  bourse supplémentaire au mois de Septembre. La persévérance et les pétitions ont encore fait leurs preuves.

… Efficace et au service des
étudiants !

Si l’UNEF est aujourd’hui la première force syndicale étudiante à Sciences Po  comme dans la majorité des universités en France, c’est parce  que, tout au long de l’année, ses militants se mobilisent au quotidien, toujours dans l’objectif d’être efficaces au service des étudiants.

En tant que syndicat, notre premier devoir est l’information. Parce qu’informer un étudiant de ses droits, c’est lui donner les moyens de les défendre, nous avons organisé dès le début de l’année des réunions de pré-rentrée sur tous les campus et édité le « guide de l’étudiant à Sciences Po ». Par notre lettre des élus bimensuelle, notre présence militante, notre site internet, nos réunions hebdomadaires etc. nous tenons quotidiennement les étudiants au courant de l’actualité de l’IEP.
Les élus UNEF, en plus de siéger assidument à tous les conseils, sont particulièrement actifs dans les commissions. Ainsi, l’UNEF étant majoritaire en Commission de Suivi Social comme en Commission d’exonération des frais d’inscription des doctorants, de nombreux étudiants, dont la  situation sociale ou financière était devenue difficile, ont obtenu un réajustement du montant de leurs frais de scolarité.
L’UNEF se charge d’organiser la solidarité entre les étudiants, notamment en mettant en place au début de l’année une Bourse aux Livres qui fut cette année un grand succès, puisque plus de 700 livres ont été échangés à prix réduits entre étudiants. Mais l’UNEF se bat aussi contre toutes les discriminations, et a pris part à l’organisation de la Journée de la femme, la Journée mondiale de lutte contre le SIDA et le Festival Etudiant Contre le Racisme à Sciences Po.

Qu’est-ce que l’UNEF ?

L’Union Nationale des Etudiants de France, première organisation étudiante, est le seul syndicat présent dans tous les établissements d’enseignement supérieur. Indépendante des partis politiques, des administrations comme des gouvernements, elle intervient pour informer, défendre, organiser la solidarité et représenter les étudiants quelle que soit leur filière ou leur origine. L’UNEF a aussi vocation à intervenir sur les sujets de société comme la lutte contre l’extrême droite ou les discriminations.

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La polémique sur l’objectif fixé par le gouvernement d’atteindre 30% de boursiers dans les grandes écoles a occupé le devant la scène médiatique ces derniers jours. Le refus de la Conférence des Grandes Ecoles d’atteindre cet objectif est pour l’UNEF parfaitement scandaleux. Prétendre que tout autre politique que celle consistant à aider individuellement les étudiants « mènerait inévitablement à la baisse du niveau moyen » s’apparente à un fétichisme du concours unique et sous-entend que les étudiants issus de milieux favorisés ont le monopole du travail, de l’intelligence et de la motivation. Ce faisant, les grandes écoles se défaussent de leurs responsabilités et estiment que tous les efforts doivent être fournis par le système scolaire en amont des barrières sélectives. Il s’agit d’une réaction d’auto-défense d’une élite sociale qui refuse de s’ouvrir et qui ne peut que fragiliser l’avenir même de ces écoles à terme.

Cette mesure, si elle va dans le bon sens, reste insuffisante et inadaptée pour démocratiser les grandes écoles et de manière plus générale, l’enseignement supérieur. L’UNEF rappelle que les classes préparatoires comptent aujourd’hui 30% de boursiers uniquement suite au relèvement des plafonds de ressources ouvrant droit à une bourse, et non suite à une modification de la composition sociologique de ces filières. Que Sciences Po et les grandes écoles atteignent ce niveau serait donc la moindre des choses. C’est un premier pas positif quand on sait que les étudiants issus des CSP- y sont systématiquement sous-représentés.

A Sciences Po, cela fait des années que l’UNEF se bat pour une transformation des procédures d’admission, avec une première réforme du concours votée en octobre dernier, permettant de le réduire les biais sociaux qu’il induit. La diversification des épreuves selon la filière, l’organisation de sessions en province, le rapprochement du programme d’histoire avec le programme du bac, sont autant de mesures qui rendent le concours moins socialement discriminant. Une telle réforme serait souhaitable dans les autres établissements du même type, afin de commencer un processus de démocratisation. L’UNEF réclame de plus une lutte contre la sélection par l’argent et la baisse des droits de scolarité pouvant s’élever jusqu’à plusieurs milliers d’euros.

Pour autant, toutes les mesures visant à démocratiser les grandes écoles ne seront jamais suffisantes tant que celles-ci ne seront pas pleinement intégrées au service public d’enseignement supérieur. La partition historique de l’enseignement supérieur français entre grandes écoles sélectives qui fonctionnent en vase clos et les universités est en elle-même un facteur de reproduction sociale. Cette situation conduit les élites à se reproduire entre elles à l’écart de l’université et de la recherche. L’UNEF demande la fin du monopole de fait des grandes écoles pour la formation d’excellence dans certains secteurs (gestion, administration, ingénierie) et l’intégration de ces formations au sein des universités.

Il est urgent et impératif, au nom de la justice sociale et de l’égalité entre les étudiants, de changer radicalement le système d’enseignement supérieur. L’Etat doit élever le niveau de financement des universités et leur taux d’encadrement à hauteur de ce qui se fait dans les grandes écoles, afin qu’une formation de qualité soit délivrée à tous, partout sur le territoire, et sans barrière sélective à l’entrée.

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La question de la réforme du concours d’entrée revient sur le devant de la scène à Sciences Po. A l’origine de ce regain d’intérêt, la mise en place d’un diplôme en fin de premier cycle (bac+ 3), le « Bachelor », décidée l’an dernier (voir ici l’analyse de l’UNEF sur cette réforme),  qui s’accompagne d’une refonte des enseignements du premier cycle et notamment d’une réforme du calendrier universitaire de Sciences Po. Ainsi, dès la rentrée 2010, la rentrée des étudiants aurait lieu au 1er septembre, avec a priori un stage d’intégration (pour les admis en première année) aux derniers jours d’août.

L’avancement de l’examen d’entrée en Première Année, dit concours, ne peut donc plus se dérouler fin août, comme c’était le cas jusqu’à cette année. Avancer la date des épreuves constitue donc désormais une nécessité impérative. C’est la raison pour laquelle l’administration de Sciences Po a décidé d’avancer la date du concours, et étudie aujourd’hui plusieurs options (avant le bac, entre les épreuves et les résultats du bac…). D’où la consultation étudiante actuellement en cours.

Mais la question de la réforme du concours d’entrée dépasse largement celle du calendrier des épreuves.

En effet, le concours d’entrée est, dans sa forme actuelle, porteurs de biais sociaux importants. A niveau académique équivalent, les étudiants issus de catégories socioprofessionnelles favorisées ont davantage de chances de réussir le concours que les étudiants issus de catégories plus modestes, comme l’a montrée l’enquête de Vincent Tiberj, chercheur au CEVIPOF, « Enquête sur les inégalités de l’examen d’entrée à Sciences Po : résultats, surprises et enseignements. ». Cela génère un phénomène de reproduction sociale qui n’est pas acceptable. C’est pourquoi  l’UNEF défend depuis des années la nécessité de réduire ce phénomène de biais social par une réforme globale du concours. Notre position est qu’il est prioritaire que l’accès à l’IEP soit  basé sur les capacités de chacun et sur la richesse du profil du candidat. Tout ceci indépendamment de son origine sociale, géographique, ou encore de son sexe. Ce n’est qu’à cette condition que Sciences Po s’enrichira d’une diversité reflétant la société actuelle.

Ainsi, nous voulons aujourd’hui élargir le débat ouvert par l’administration au travers de la consultation étudiante. Réduire la question de la réforme du concours à un simple changement de calendrier occulte un enjeu majeur, celui de la démocratisation de Sciences Po. C’est pourquoi nous nous sommes battus, sans succès, auprès de l’administration pour élargir la consultation étudiante à des questions qui nous semblent fondamentales, comme le contenu des épreuves, la pertinence d’introduire un oral de sélection…

concours

Un constat : le concours d’entrée à Sciences Po est socialement biaisé

Les statistiques disponibles sur le concours d’entrée en premier cycle de Sciences Po montrent que ce dernier est extrêmement biaisé socialement. L’étude de Vincent Tiberj (voir ci-dessus) a révélé que :

  • A niveau égal au bac, un non parisien a 2,3 fois moins de chances de réussir le concours qu’un parisien. Avec un handicap plus fort encore pour les franciliens non parisiens que pour les provinciaux.
  • De même les étudiants issus de catégories socioprofessionnelles défavorisées ont 2 fois moins de chances de réussir l’examen que ceux issus de catégories socioprofessionnelles favorisées.
  • On peut ajouter que les femmes ont 1,9 fois moins de chances de réussir l’examen que les hommes.

Les mécanismes à l’origine de ces biais sociaux sont multiples

Une candidature déjà socialement conditionnée : le phénomène d’autocensure.

Le fait de poser sa candidature à Sciences Po n’est déjà pas socialement neutre.

Avant même de se pencher sur la composition sociale du corps des admis à Sciences Po, un regard rapide sur le corps des candidats permet de se rendre compte qu’il est déjà fortement socialement biaisé par rapport à la composition de la population française (plus des trois quarts des candidats sont issus de catégories socio-professionnelles élevées ou CSP+). C’est donc très tôt, avant même le début de la sélection à proprement parler , que le processus d’admission se révèle inégalitaire.

On peut trouver plusieurs explications à ce phénomène. D’abord, une dissuasion d’ordre psychologique. L’image extrêmement prestigieuse de l’établissement peut pousser un certain nombre de lycéens parmi les plus défavorisés à penser qu ‘ « ils ne  peuvent pas », que « ce n’est pas pour eux » ou qu’ils « n’y arriveront pas » (on peut y voir un effet de la violence symbolique décrite par Bourdieu dans ses ouvrages sur le système scolaire).

Un autre phénomène, non-négligeable, dissuade, voire empêche, un nombre important de lycéens de passer le concours : son prix. Les candidats doivent financer, outre le prix du concours (soit 150€, payés également pour le dépôt des dossiers des Mentions Très Bien), leur déplacement sur Paris et une nuit d’hébergement. Le coût total du concours devient alors exorbitant pour un élève venant par exemple des Antilles. Or l’étude prouve qu’un important facteur d’inégalité est l’origine géographique, maintenir une telle organisation c’est donc augmenter ces disparités.

Bien sur, ces deux phénomènes se renforcent mutuellement : lorsque l’on manque de confiance en sa capacité de réussir le concours, la somme à débourser peut constituer un véritable obstacle. Il nous semble donc nécessaire de faciliter l’accès au concours pour tous, indépendamment des ressources financières ou de la situation géographique, afin de réduire au maximum ce phénomène d’autocensure.

Au niveau des épreuves

Dans sa forme actuelle, le concours se compose de :

– Une dissertation d’histoire de quatre heures. L’étude de V. Tiberj  montre que cette épreuve est la plus discriminante, socialement parlant. Ainsi, toutes choses égales par ailleurs (à niveau équivalent au bac), les candidats issus de Catégories Socioprofessionnelles favorisées réussissent cette épreuve avec 0,65 points de plus en moyenne que ceux issus de CSP défavorisées. Elle fait en effet appel à des connaissances pures, organisées selon un formalisme et une méthodologie très stricts. De plus, cette épreuve ne porte pas uniquement sur le programme de la terminale qui va de 1945 à nos jours, mais  sur toute la période entre 1914 et 1945, ce qui implique donc que les candidats doivent apprendre cette période soit au détriment de leurs révisions pour le baccalauréat, soit de manière intensive entre la fin des épreuves et le début du concours.

–  Une épreuve de langue vivante de trois heures. L’enquête de Vincent Tiberj révèle que cette épreuve est, avec l’histoire, une des plus discriminantes (0, 49 points de plus pour les étudiants issus de CSP favorisées). En effet, les jeunes issus de CSP favorisées sont généralement plus en contact avec des milieux polyglottes ou anglophones et bénéficient souvent de séjours linguistiques divers. Actuellement, une note inférieure à 7/20 à cette épreuve est éliminatoire.

–         Une épreuve sur documents de quatre heures. Elle consiste en l’analyse d’un corpus d’une dizaine de documents à analyser. Cette épreuve, instaurée en 1998, est la seule à mettre tous les élèves à quasi-égalité vis-à-vis de leur niveau social. Elle dépend avant tout de la réflexion personnelle de l’étudiant et de sa capacité à synthétiser. Ainsi, bien que reposant sur une certaine méthodologie formelle, cet exercice semble remplir ses objectif de neutralité sociale.

–         Une épreuve de culture générale (dissertation ou épreuve de culture générale, sans programme)..Il faut une bonne base de connaissances pour réussir l’épreuve+ L’enquête de Vincent Tiberj a révélé qu’elle était moins socialement discriminante lorsqu’elle était corrigée par des profs de philo plutôt que par des profs de lettres. Cela démontre que, sans baisser le niveau des épreuves, il est possible de rendre l’examen socialement plus juste en valorisant d’avantage le fond et la réflexion (comme le font les professeurs de philo) qu’un formalisme excessif

La question des prépas, ou la sélection par l’argent

Le phénomène des prépas privées au concours d’entrée constitue également une source de biais sociaux importants. Ces prépas, souvent relativement confidentielles et extrêmement onéreuses, offrent actuellement des sessions intensives pendant les vacances d’été. C’est d’ailleurs précisément la raison pour laquelle l’UNEF défend depuis des années l’avancement des épreuves au mois de juillet, et se félicite que la direction avance aujourd’hui dans cette direction.

Quelle réforme pour quel concours ?

Lutter contre l’autocensure

Comme vu précédemment, l’autocensure est causée principalement par, un manque de confiance en soi (socialement construite) et des obstacles matériels causés par les modalités d’examen actuelles.

C’est donc sur ces deux aspects qu’il faut agir avec des actions ciblées.

Tout d’abord, il nous semble indispensable de mettre en place des centres d’examen dans les régions et les DOM-TOM, afin d’épargner aux candidats n’habitant en région parisienne d’exorbitants frais de transport. Pour prendre un exemple peut-être considéré comme moins « extrême » que les DOM-TOM, nous nous permettons de rappeler qu’il est extrêmement rare de trouver un Paris-Marseille aller-retour pour moins de 100 euros (en réservant 3 mois à l’avance et sans carte de réduction particulière ces voyages sont aux alentours de 130€).

Il faut ensuite étendre la gratuité du concours à un maximum d’étudiants. Le concours est déjà gratuit pour les boursiers, mais il doit l’être aussi pour les non-boursiers les moins aisés.

Enfin, pour éviter aux candidats de devoir payer une nuit d’hébergement, source de nombreuses difficultés , il nous semble nécessaire de faire tenir les épreuves sur une seule journée. Cela implique bien sur des modifications dans le contenu et  la nature des épreuves.

Modifier le contenu des épreuves.

Pour parvenir à faire tenir les épreuves sur une seule journée (et donc épargner aux plus défavorisés le coût de l’hébergement sur le lieu d’examen), nous proposons de laisser le choix à l’étudiant entre l’épreuve de Culture Générale et celle d’histoire.

La maîtrise d’une langue étrangère étant une compétence à la fois indispensable à l’entrée de Sciences Po et fortement discriminante socialement, nous proposons de rendre l’épreuve de langue « neutre » et l’affectant d’un coefficient 0, tout en maintenant la note éliminatoire. Ainsi, les candidats ayant obtenu une note inférieure à 7 seraient toujours éliminés, mais il ne serait plus possible pour des candidats « moyens » d’être admis grâce à une performance exceptionnelle dans l’épreuve de langues.

Parce que nous somme conscients qu’un simple avancement de la date des épreuves ne suffira pas à éliminer le phénomène des prépas privées (qui se reporteront probablement sur les vacances de février, de Pâques, ou se transformeront en prépas à l’année sous la forme de cours du soir), nous proposons également de rapprocher le contenu des épreuves du programme du Baccalauréat. En effet, et malgré l’existence de réelles disparités de niveaux entre les lycées, la Terminale constitue aujourd’hui la prépa la plus juste et la plus égalitaire qu’on puisse mettre en place. Faire porter l’épreuve d’histoire sur le programme de Terminale (45 à nous jours, au lieu de 1914 à nous jours actuellement) et rapprocher l’épreuve de Culture Générale des cours de philo de terminale permettraient ainsi, par exemple de minimiser l’efficacité et l’impact des prépas privées. De même, encadrer l’épreuve de Culture Gé par un programme précis (bibliographie, thèmes…) permettrait d’éviter de sur-valoriser les étudiants dotés d’un fort capital culturel familial et de permettre à tous les étudiants de préparer l’épreuve dans de bonnes conditions quel que soit leur milieu social.

Enfin, il nous semblerait nécessaire d’orchestrer un véritable changement de philosophie du concours et de sa correction, en mettant davantage l’accent sur les capacités d’analyse  réflexion des candidats plutôt que sur des questions de forme et de méthodologie.

L’ « effet concours » : des effets bénéfiques d’une sélection en deux étapes

Quand la différence entre le dernier candidat admis et le premier non reçu est de 1,5 points sur 240, il n’y a pas de droit à l’erreur. C’est sur cette petite marge que les biais sociaux (maîtrise absolue de l’expression écrite, environnement socioculturel…) jouent à plein, comme le montre l’enquête de Vincent Tiberj. La conséquence, c’est que le meilleur moyen de diminuer les biais sociaux c’est de diminuer le ratio nombre d’admis / nombre de candidats. C’est notamment pour cette raison que nous avons soutenu la politique d’augmentation du  nombre d’étudiants à Sciences Po ces dernières années menée par Richard Descoings. C’est aussi pour cette raison que nous ne nous sommes pas opposés à la disparition du concours à Bac + 1 (car cela permettait d’ouvrir plus de places au concours Bac + 0). Dans cette perspective, l’introduction d’une sélection en deux étapes (admissibilité / admission) permettrait de réduire mécaniquement les biais sociaux.

En effet, une ajouter une seconde phase de sélection implique, par effet mécanique, la hausse du taux d’admissibilité concernant les épreuves écrites et donne alors davantage de chances aux candidats issus de CSP défavorisées de faire leur preuves. Plus de taux d’admissibilité se relâche dans la première phase de sélection d’un  concours, plus on donne une chance à l’échantillon des admissibles d’être représentatif de la société. Ainsi un concours se déroulant en deux phrases de sélection est plus juste socialement qu’un concours se déroulant en une seule phase. La tenue d’une épreuve orale exclut donc définitivement une date de concours fin juillet, le délai nécessaire de correction de l’épreuve écrite n’étant plus suffisant par rapport aux dates de la rentrée.

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La polémique monte en péniche en ces temps de campagne électorale: le concours d’entrée a Sciences Po risque t il d’être supprimé? Que faut il en penser? Une telle question nécessite d’éviter les réactions épidermiques et crispations en tout genre pour prendre le temps d’une réflexion posée sur les enjeux complexes et sensibles qu’elle soulève.

Il nous semble indispensable aujourd’hui de revenir sur cette polémique et de vous rendre compte clairement de l’état des réflexions sur ce sujet, à la fois à l’UNEF et à la direction de Sciences Po.

L’administration nous a depuis quelques mois fait part de ses voeux de réformer les procédures de sélection à Sciences Po. Mais à l’heure actuelle, aucune décision, aucun projet clair n’a été décidé, et encore moins proposé officiellement aux différentes instances de l’IEP. Les rumeurs qui enflent sont basées sur de pures spéculations. D’ailleurs, l’administraion a adressé un démenti à la suite de la publication d’un article dans Le Parisien. Ce qui est sûr, c’est que- et l’UNEF s’en réjouit- l’administration présente une volonté claire de rendre plus juste socialement le recrutement a l’entrée de Sciences Po.

Réformons le concours pour lutter contre les discriminations sociales

La vision fondamentale qui nous guide est la suivante: nous souhaitons réduire au maximum le biais social qui s’effectue a l’entrée de l’IEP. Il n’est pas acceptable qu’à niveau égal au bac, un enfant issu d’une famille de cadres ait 2 fois plus de chances de réussir le concours qu’un enfant d’employés. Nous jugerons toute réforme proposée en fonction de ce principe. Des études sociologique et statistiques nombreuses ont été réalisees sur l’origine de ces biais sociaux: nous mobiliserons ces connaissances scientifiques pour déterminer si les réformes proposées augmentent ou diminuent l’effet de sélection sociale tout comme nous les utilisons aujourd’hui pour murir nos propositions dans les discussions en cours a ce sujet:

  • Mettre en place des centres d’examen en province, notamment dans nos campus delocalisés et dans les DOM TOM
  • Avancer le concours en juillet (afin de limiter le rôle des coûteuses prépas d’été)
  • Modifier les épreuves. Elles doivent être plus proches du programme du bac (la ‘prépa’ la plus égalitaire qu’on puisse mettre en place c’est malgré tout la terminale) et valoriser la réflexion personnelle et l’esprit critique plutot que la forme et le capital culturel. Nous pensons aussi qu’elles doivent être encadrées par des bibliographies, thèmes et lignes directrices precises communiqués à l’avance aux candidats.
  • La gratuité du concours pour tous, car il est anormal que l’administration dégage des bénéfices sur l’organisation de celui-ci!

A ceux qui agitent le fantôme d’une soi-disant baisse de niveau/dévalorisation du concours et du diplôme, nous répondrons d’une part que c’est avant tous le taux de sélection qui fait la difficulté d’un concours, et que d’autre part la qualité et la valeur de notre diplôme tiennent a l’excellence du contenu de notre formation, pas aux modalités de sélection. Les recruteurs le savent, eux qui considèrent les étudiants issus du recrutement ZEP comme des diplômés de Sciences Po comme les autres.

Et le développement d’autres formes d’admission? Ici encore, rien n’est décidé du côté de la direction. Nous restons en ce qui nous concerne ouverts aux différentes propositions. En effet, à l’heure actuelle, les étudiants recrutés sur dossier viennent globalement de milieux sociaux plus modestes et réussissent leurs études avec, en moyenne, un point de plus que les autres étudiants., une indication de plus que  la démocratisation sociale de l’IEP, loin d’amener cette fameuse « baisse de niveau » tant redoutée, ajoute en réalité à l’excellence de notre formation. Ce constat nous a amené à développer les propositions suivantes:

  • Inclure une nouvelle procédure d’admission tournée vers les profils atypiques aux qualités non purement scolaires (n’ayant pas obtenu la mention MTB par exemple tout en présentant des compétences particulièrement intéressantes) et/ou n’ayant pas les moyens de se payer une préparation à Sciences Po. Pour ces étudiants, nous imaginons une étape d’admissibilité basée sur la prise en compte des dossiers scolaires, suivie d’un oral de sélection.
  • Introduire une sélection en 2 étapes (admissibilité/ admission). Ainsi les effets du ratio candidat/admis seront minorés (réduction des biais sociaux). Par exemple, l’introduction d’un oral après le concours nous paraitra opportune sous certaines conditions (transparence des critères de sélection).

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