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Appel de la Coordination Nationale Étudiante

des 23 et 24 octobre 2010

Nous, étudiants de 40 universités réunis en coordination nationale au Mans les 23 et 24 octobre 2010, appelons à amplifier la mobilisation contre la réforme des retraites sur les universités par la grève reconductible des étudiants.

La réforme des retraites que cherchent à nous imposer à marche forcée le gouvernement et le patronat constitue le pilier central d’un vaste plan d’austérité visant à faire payer la facture de la crise économique aux jeunes et aux travailleurs, avec ou sans emploi, ainsi qu’aux retraités.

Pour les jeunes, la réforme des retraites sonne comme une double peine. L’allongement de la durée de cotisation et le report de l’âge légal de départ de 60 à 62 ans, et de 65 à 67 ans pour une retraite à taux plein, constituent des attaques majeures contre notre droit à un avenir. En plus de galérer maintenant, nous n’aurons même plus de retraite décente ! L’âge moyen d’insertion des jeunes de manière stable sur le marché du travail est aux alentours de 27 ans. Alors, pour cotiser les nouvelles annuités requises, il faudra travailler jusqu’à 67 ans. Nous refusons cette réforme qui vise à faire de nous des précaires toute notre vie. Alors que le taux de chômage des jeunes dépasse déjà les 20%, ce sont un million d’emplois qui ne se libèreront pas. Nous ne sommes ni irresponsables, ni manipulés. Les jeunes ont compris les conséquences de cette réforme pour leur avenir. Cette réforme, c’est à court terme du chômage en plus, et à long terme le recul de nos droits. Nous refusons d’être contraints de partir à la retraite à 67 ans, pour des pensions moins importantes. Nous défendons une retraite solidaire à 60 ans à taux plein pour tous, qui permette à chacun d’avoir accès à ce droit fondamental, à ce temps de la vie consacré au repos.

L’immense majorité de la population s’oppose à cette réforme. Malgré six journées de grève et de manifestations massives (plus de 3 millions de personnes), le gouvernement s’obstine à la faire passer en imposant même un vote unique au Sénat. Le pouvoir ne gouverne plus que pour une minorité. En passant en force, il perd chaque jour un peu plus de légitimité et la France s’enfonce dans une crise politique et démocratique sans précédent. Pourtant la contestation ne faiblit pas, au contraire. Partout, des secteurs se mettent en grève reconductible (cheminots, raffineries, enseignants, éboueurs…). La pression augmente sur le gouvernement. Il cherche toutes les solutions pour s’en sortir, en utilisant notamment la répression pour tenter de briser la mobilisation. Il cherche à nous diviser et à faire diversion avec le racisme. Ne tombons pas dans le piège qui vise à affaiblir notre capacité à résister ! Nous nous battons pour l’arrêt des expulsions et de la répression, et exigeons l’arrêt de l’ensemble des poursuites contre les jeunes mobilisés.

Nous ne devons pas relâcher la pression ! La possibilité de faire céder le gouvernement et d’obtenir le retrait de la loi devient réellement crédible. Pour cela, il faut encore amplifier le mouvement et aller vers un blocage total du pays, par la grève d’une majorité de jeunes et de salariés. Le mouvement contre le CPE a prouvé qu’il était possible d’obtenir le retrait d’une loi même après son vote.

Nous appelons l’ensemble des jeunes à rejoindre la grève. La mobilisation de la jeunesse fait peur au gouvernement. Ce sont maintenant plus de 40 universités qui sont mobilisées, dont une vingtaine en grève et une dizaine bloquées. Nous appelons l’ensemble des universités à les rejoindre en se réunissant en Assemblées Générales et en votant la grève. Faire des Assemblées Générales sur les universités et les lycées est la garantie que les jeunes prennent en main leur mobilisation.

L’unité des salariés et de la jeunesse est une des clés du succès. C’est pourquoi, nous appelons l’ensemble des étudiants à développer les liens entre les secteurs mobilisés en participant aux AG interprofessionnelles, en organisant des cortèges communs dans les manifestations et en participant à des actions communes.

Quoiqu’en dise le gouvernement, les vacances sur certaines universités n’entament en rien notre détermination. Pour ne pas relâcher la pression, nous appelons à une nouvelle journée de grève, d’actions et de manifestation mardi 26 octobre. Nous invitons les jeunes à participer aux journées du jeudi 28 octobre et samedi 6 novembre tout en liant cette journée avec la mobilisation initialement prévue sur le droit à l’IVG. Nous appelons dès maintenant à une journée de grève et de manifestation le jour de la rentrée des lycéens, le jeudi 4 novembre. Parce qu’aujourd’hui plus que jamais la victoire est possible, nous sommes déterminés à ne rien lâcher avant d’avoir obtenu satisfaction sur nos revendications.

Nous appelons à une nouvelle coordination nationale étudiante le week-end des 6 et 7 novembre à Paris-13-Villetaneuse.

Nous exigeons :

  • le retrait de la réforme des retraites
  • la prise en compte des années d’étude, de formation, de stage et d’inactivité forcée dans le calcul des annuités ouvrant droit à une retraite pleine
  • la retraite à soixante ans à taux plein
  • un pré-salaire d’autonomie

La mobilisation contre la réforme des retraites prend chaque jour de l’ampleur auprès des salariés comme des étudiants. Facs et lycées mobilisés sont de plus en plus nombreux, de même que le nombre de secteurs professionnels en grève se multiplie. Et pourtant le gouvernement continue d’ignorer le mouvement social et de traiter les jeunes comme des « casseurs » ou des « manipulés ».

L’UNEF dénonce cette stigmatisation et s’oppose à tout instrumentalisation de la participation des jeunes à la mobilisation ! Ce mépris pour la jeunesse est insupportable : les jeunes sont informés et conscients que les conséquences de cette réforme, c’est eux qui les payeront ! De plus le gouvernement a beau jeu d’adapter sa communication selon les circonstances : il y a quelques semaines encore, cette réforme se faisait pour la jeunesse, aujourd’hui les jeunes n’ont pas à se soucier d’une réforme qui ne les touchera pas, puisqu’elle sera suivie de beaucoup d’autres…

L’UNEF tient également à rappeler que le rôle premier d’un syndicat n’est pas de manipuler mais d’informer et de défendre les étudiants, contrairement au gouvernement qui préfère la violence et la désinformation plutôt que d’écouter les revendications des jeunes et du mouvement social.

A Sciences Po, les étudiants réunis en Assemblée Générale mardi 19 ont constitué un comité de mobilisation pour amplifier le mouvement et s’organiser au niveau local. Malgré les tentatives de contre-manif de la droite, plusieurs actions ont déjà organisées rassemblant une majorité d’étudiants (diffusions de tracts massives dans le hall, départ commun en manif, rédaction de tracts collectifs…).

Ne laissons pas la droite casser ou discréditer notre mouvement ! Nous appelons tous les jeunes à se mobiliser contre cette réforme injuste et à rejoindre le comité de mob de Sciences Po.

Continuons le mouvement jusqu’au retrait, une autre réforme est possible !

Avec plus de 3 millions de manifestants, dont environ 150 000 jeunes, mardi 12 et samedi 16 octobre, la mobilisation contre la réforme des retraites prend une ampleur considérable.

Alors même que le gouvernement s’applique à dire que le mouvement social s’essouffle, c’est notre rôle de rappeler la réalité, et même au-delà, le contexte de la réforme et de la mobilisation.

Au début de son quinquennat, Nicolas Sarkozy avait annoncé ne pas avoir été mandaté pour réformer le système de retraites. Or il tente aujourd’hui de le faire, « au nom des jeunes », et en utilisant une procédure législative d’urgence. Il s’octroie donc une légitimité qu’il n’a pas, d’après ses propres paroles. De plus, il veut faire passer sa réforme sans aucune consultation des partenaires sociaux, et notamment en ayant refusé de recevoir les organisations de jeunesse pendant la concertation. La réponse de ceux-ci s’est fait entendre dès la manifestation du 24 juin.

Le calendrier imposé par le gouvernement, jouant sur l’arrivée de l’été et la difficulté à mobiliser pendant les vacances aurait pu mettre à mal le mouvement social. Mais il n’en est rien : dès le 7 septembre, la mobilisation était à la hauteur de toutes les espérances, et elle ne fait que s’amplifier ! L’arrivée en grand nombre des jeunes s’est faite progressivement, au rythme de la rentrée, mais leur présence et leur détermination est à présent incontestable !

Le gouvernement, les médias ne trouvent plus qu’une chose à dire : les jeunes sont manipulés. Ce mépris est insupportable : les jeunes sont informés, et conscients que les conséquences de cette réforme, c’est eux qui les payeront ! Les jeunes, étudiants et lycéens sont aujourd’hui impliqués dans la lutte contre cette réforme, de par leur présence dans les manifestations aux côtés des travailleurs et des actions spécifiques à la jeunesse pour porter ses propres revendications ! Le collectif « La retraite une affaire de jeunes », réunissant une vingtaine d’organisations dont l’UNEF, refuse la double peine imposée aux jeunes, chômage à 25 ans, précarité à 67 !

Alors oui, le texte a déjà été voté par l’Assemblée Nationale, oui il est en discussion au Sénat, mais non ce n’est pas une raison pour baisser les bras ! Le texte sera proposé au vote mercredi 20 octobre, et le CPE nous a montré qu’une loi votée peut encore être suspendue. Il est donc encore temps de se mobiliser, de continuer à exprimer notre désaccord contre cette réforme injuste et inefficace !

C’est pourquoi l’UNEF appelle tous les étudiants à participer à la mobilisation nationale du mardi 19 octobre, et à l’Assemblée Générale à Sciences Po à 12h30, suivie d’un départ à la manif’! (rendez-vous en Péniche).

Pour en savoir plus sur notre opposition à la réforme et sur nos revendications : http://www.unef.fr/delia-CMS/une/article_id-3144/topic_id-160/contre-la-reforme-des-retraites-et-pour-notre-avenir-tous-dans-la-rue-le-16-oc.html

Le 23 septembre, les jeunes se sont saisis de l’enjeu des retraites en manifestant nombreux aux côtés des salariés. Malgré l’incontestable réussite des journées de mobilisation, le gouvernement continue d’afficher sa fermeté et refuse de répondre à la mobilisation. L’UNEF appelle à amplifier la mobilisation des étudiants

Etudiant à 20 ans, chômeur à 25… et toujours précaire à 67 ans ? Non merci !

Le gouvernement pariait sur la résignation des jeunes pour pousser au fatalisme et imposer ses choix en matière de retraite : ce pari est d’ores et déjà perdu. 74% des 18-24 ans se déclarent désormais opposés au recul de l’âge légal de départ en retraite. Les « générations futures » refusent de servir d’alibi à cette régression sociale majeure, et ils ont bien compris que cette réforme sacrifie leur avenir en les enfermant dans la précarité et la peur du lendemain.

Une réforme qui pénalise les jeunes aujourd’hui…

Alors que les jeunes galèrent déjà sur le marché du travail avec l’enchainement des périodes de stages, d’intérim et les CDD, le report à 62 ans de l’âge légal de départ en retraite va accentuer le chômage des jeunes. En tentant de maintenir au travail deux ans de plus les salariés déjà en place, c’est près d’un million d’emplois qui ne seront pas libérés. Une solution existe pour assurer le financement des retraites : mettre au travail les 25% de jeunes aujourd’hui au chômage !

… et qui les enferme dans la précarité demain !

Le report à 62 ans de l’âge légal plonge également les jeunes dans l’incertitude. Alors que l’accès à un emploi stable se fait de plus en plus tard (27 ans en moyenne), le report de l’âge légal de départ va conduire les jeunes à travailler jusqu’à 67 ans pour espérer percevoir une retraite décente !

Alors que par nos études et nos qualifications, nous participons à l’effort de production de richesse, nous devrions accepter le chômage en début de carrière, et nous n’aurions aucun droit à la retraite futur ? C’est inacceptable. Les jeunes refusent que la précarité soit un horizon indépassable. Ils refusent la perspective de vivre moins bien que leurs parents. Ils refusent cette réforme qui sacrifie leur avenir.


L’UNEF appelle les jeunes à se mobiliser pour défendre la retraite à 60 ans

Pour garantir le droit à une retraite à taux plein à 60 ans pour les jeunes, l’UNEF réclame :

– La prise en compte des années d’études et de formation dans le calcul des retraites. Faire des études ne doit pas être pénalisant !

– La validation des périodes d’inactivité forcée dans le calcul des retraites, et notamment des périodes de stages, d’insertion, d’emplois précaires et de chômage non-indemnisé qui conduisent les jeunes à accumuler des droits à retraite très incomplète

L’UNEF appelle les étudiants à se mobiliser massivement contre cette réforme des retraites, et à participer à la manifestation du 12 octobre aux cotés des salariés , RDV 13h à Montparnasse

A Sciences Po : Mardi 12 RDV à 12h30 en salle B404 pour une AG, suivie d’un départ en manif


Ensembles, jeunes et salariés, nous pouvons faire reculer le gouvernement !

La direction de Sciences-Po a élaboré une nouvelle charte d’affectation des étudiants en 3ème année. Ce document, définissant les conditions dans lesquelles les étudiants peuvent demander leurs destinations de 3A et comment ils sont répartis est une attaque de plus envers les droits des étudiants des campus délocalisés de Sciences-Po.

La situation antérieure :

Jusqu’à cette nouvelle charte, les étudiants des campus délocalisés, au nombre de 6, dédiés spécifiquement à l’étude d’une zone géographique du monde, étaient déjà défavorisés par rapport à leurs homologues parisiens.

En effet, ils étaient placés sur un pied d’égalité par la DAIE pour l’affectation en 3A dans leur propre zone géographique (un étudiant de Poitiers et un de Paris avaient les mêmes chances de partir en Amérique Latine, par exemple), mais ils étaient défavorisés pour partir hors de cette zone. Ainsi, ils subissaient la concurrence des étudiants du campus de Paris pour les universités de leurs zones tout en voyant très réduites leurs chances de partir hors de celles-ci.

Devant cette situation, l’UNEF s’était déjà fait l’écho des griefs des campus et avait interpelé à maintes reprises la direction pour modifier la charte.

La nouvelle situation

Le projet de nouvelle charte d’affectation a donc été présenté aux représentants étudiants en groupe de travail cette semaine.

Le projet prévoit que les étudiants des sites délocalisés ne puissent plus du tout partir dans leur zone géographique s’ils en sont originaires, à moins d’y apprendre une nouvelle langue. Sinon, ils doivent partir en Europe.

A l’inverse, les étudiants non-originaires de la zone étudiée doivent y partir.

Cette charte pose bien des problèmes.

La restriction de langue est dramatique pour bien des étudiants, notamment pour le site de Poitiers, étant donnée l’unité linguistique (hors Brésil) de l’Amérique Latine.

Dans les faits, cette charte force les étudiants Latino-Américains de Poitiers à choisir entre le Brésil ou l’Europe. Cette restriction est absurde. Quelle unité culturelle y a-t-il entre Mexique et Chili ? Qu’est-ce qu’un Vénézuélien sait du sud de l’Argentine ? Cette charte amalgame des zones géographiques entières.

A l’inverse, les étudiants nord-américains de Reims se voient interdits le départ en Amérique du Nord.

Alors même que cette charte invoque pour se justifier la cohérence de la démarche, c’est à un résultat incohérent qu’elle aboutit !

Les premiers cycles délocalisés de Sciences-Po sont construits autour de l’étude d’une zone géographique particulière et doivent avoir comme point d’orgue la possibilité de passer la3A dans la zone en question. En réduisant ainsi les possibilités de le faire, la direction de Sciences-Po nie l’intérêt de la 3A dans la construction du projet de l’étudiant. Quel intérêt d’étudier l’Amérique du Nord sans pouvoir y passer sa 3A ?

Qui plus est, pourquoi ne pas ouvrir la possibilité aux étudiants des sites délocalisés de partir hors d’Europe ? Ces étudiants ayant passé au moins 2 ans en France, ils doivent être accoutumés à la vie en Europe. Ainsi, la logique de la réforme (permettre des échanges culturels entre continents) ne tient pas !

Pourquoi y aurait-il des différences culturelles entre pays européens justifiant de partir en Europe en 3A alors qu’il n’y en aurait moins ou pas dans d’autres régions du monde ?

Pourquoi ces étudiants ne pourraient-ils pas partir aux Etats-Unis, par exemple ? Cela démontre toute l’absurdité de la réforme.

Qui plus est, cette réforme présente le double risque d’accroitre la concurrence pour les places européennes et de tarir les demandes pour les régions des sites délocalisés. En effet, les étudiants des campus constituent le gros des demandes pour leur zone géographique. Avec les restrictions les touchant, il est à craindre que le nombre de demandes pour ces zones diminue, et ainsi que les partenariats internationaux de Sciences-Po ne perdent de leur intérêt.

En effet, alors même que ces partenariats, très développés avec l’Europe et l’Amérique du Nord, le sont peu avec les autres régions du monde, cette réforme va tendre à aggraver le problème.

Enfin, cette réforme cache une volonté pour Sciences-Po de faire des économies en aide à la mobilité. Profitant du cadre de mobilité Erasmus-Socrates, les départs en Europe permettraient aux étudiants de toucher une bourse Erasmus, ce qui permettrait à Sciences-Po d’économiser ces aides sur ses fonds d’aide à la mobilité internationale.

Déjà pris pour cible par le système injuste des frais d’inscription qui assujettit les étudiants non-Européens aux frais d’inscription maximum sans prendre en compte leur revenu, les étudiants des sites délocalisés sont encore une fois bafoués par la réforme !

Fidèle à ses engagements en faveur des étudiants de Sciences-Po, vigilante au respect des droits des étudiants des campus délocalisés, l’UNEF a dénoncé les errements de cette réforme dès le groupe de travail et continuera à les combattre.

L’UNEF exige l’égalité entre les étudiants de tous les campus ! Nous réclamons la possibilité pour les étudiants des sites délocalisés de partir dans la destination de leur choix en 3A, sans restriction, au même titre qu’un étudiant du campus de Paris !

Cet été, pour défendre les étudiants, l’UNEF n’a pas pris de vacances. Le syndicat a tenu ses engagements en défendant avec constance et efficacité les étudiants. En effet, l’année universitaire 2010-2011 s’ouvre sur le recul de Francois Baroin sur la question du cumul APL- demi-part fiscale, et le financement du 10e mois de bourse !

Première victoire : réussir à conserver le droit de bénéficier à la fois des Aides Personnalisées au Logement et de la demi-part fiscale pour les étudiants.

L’histoire est simple. En juillet dernier, le nouveau ministre du budget, François Baroin, décide sacrifier les aides accordées aux étudiants et donc interdire, entre autres, le cumul APL- demi-part fiscale. Cette mesure touche 650 000 étudiants et a comme seul but –assumé par le ministre- de faire des économies sur le dos des étudiants.
Cette proposition a suscité un tollé général auprès des étudiants et du syndicat qui les représente : l’Unef. Face à cette indignation et à la vive réaction du syndicat majoritaire en France, François Baroin a dû céder et soustraire sa proposition.

Seconde victoire : le financement d’un 10ème mois de bourse pour les étudiants

L’UNEF le demandait depuis plusieurs années. Nicolas Sarkozy l’avait promis et Valérie Pécresse annoncé en 2009. Pourtant, il aura fallu une année de mobilisation et des milliers de pétitions pour forcer le gouvernement à tenir ses engagements. Les étudiants toucheront 9,5 mois de bourse dès cette année, et 10 l’an prochain.

Toutefois, ces victoires considérables pour le pouvoir d’achat des étudiants n’ont pas empêché le traditionnel constat de la hausse du coût de la vie des étudiants, qui se chiffre à 4,3% cette année comparativement à la rentrée 2009. On y retrouve une hausse du prix du ticket resto U de 3,4%, une hausse des frais d’inscriptions de 1,7% en Licence et de 2,5% pour les masters et doctorants, ainsi qu’une hausse de la cotisation à la sécurité sociale étudiante de 1%.

Qui plus est, des problèmes fondamentaux persistent : plus de 100 000 étudiants sous le seuil de pauvreté, seulement 7% d’accès à un logement universitaire en France et 3% en région parisienne (contre 40% en Allemagne par exemple), l’accès au premier emploi stable à 27 ans…

Les conditions de vie des étudiants sont précaires, et elles se dégradent ! Il est urgent de réagir, et nos victoires de l’été montrent que nos revendications peuvent aboutir.

Que faire ?

L’Unef fait le choix d’informer les étudiants le plus possible sur aides auxquelles ils ont le droit. Il existe notamment deux fonds d’aide sociale d’urgence auxquelles peuvent prétendre les étudiants de l’IEP de Paris : le Fond National d’Aide d’Urgence (FNAU) et la Commission de Suivi Social (CSS).

Le Fond National d’Aide d’Urgence est géré par le CROUS et délivre des aides ponctuelles (152€) ouvertes à tous les étudiants. Pour les ressortissants de l’Union Européenne, cette aide peut être d’un montant supérieur. L’aide peut aussi être mensualisée en fonction de la situation de l’étudiant.

La Commission de Suivi Social est propre à l’IEP. Trois personnes y siègent, dont deux étudiant(e)s, le/la président(e) étudiant(e) de la Commission Paritaire et le/la vice-président(e) étudiant(e) du Conseil de Direction (deux élus UNEF). Cet organe peut accorder une exonération de frais d’inscription (cas d’indépendance financière ou de changement dans sa situation). Il peut aussi faire passer dans la tranche inférieure de la grille des FI si le plafond est dépassé de peu.

Il ne faut pas hésiter à déposer des dossiers. Ces fonds sont sous-utilisés. Cependant, loin d’en conclure que la précarité étudiante n’est qu’une illusion, cette situation montre un manque information, c’est pourquoi l’UNEF t’en parle et se propose de t’aider à constituer le dossier.

Donc pas d’hésitation, si ta situation est difficile, viens nous voir et dépose un dossier !

Ainsi, l’UNEF mène campagne dans toutes les universités de France pour informer, défendre et faire prendre conscience de la précarité étudiante afin que tous ensemble nous réclamions :

– l’augmentation en nombre et en montant des bourses étudiantes la construction de 8500 chambres universitaires et la rénovation de 9000 logements étudiants

– la revalorisation de 10% des aides au logement et la suppression du mois de carence l’exonération de la taxe d’habitation pour tous les étudiants et la généralisation de la caution solidaire.

Venez nombreux à la table UNEF vous informer sur la campagne, sur les modalités de constitution de dossiers et signer les pétitions !

(ou pour toute autre question !)

Nous vous attendons tous les jours en péniche de 10h à 17h !

Redoublements, mais encore ?

Dans un article récent, lapéniche.net, « le journal des étudiants de Sciences Po » s’interroge
 sur la hausse observée des redoublements en première année. Un phénomène qui, selon elle, révèle 
un défaut dans les procédures de sélection. Le raisonnement est simple : la capacité des étudiants 
à suivre le rythme du cursus dépendrait directement de la dureté de la sélection à l’entrée, et 
l’augmentation récente de la taille des promotions entrainerait une insidieuse baisse de niveau.

 Cette « baisse de niveau », dont le spectre est brandi à chaque réforme des procédures d’admission,
 est de plus en plus déplorée par les tenants du malthusianisme à l’entrée de l’IEP. Elle nous semble 
pourtant relever du pur fantasme, et ce pour plusieurs raisons :

– L’augmentation des effectifs s’accompagne d’une augmentation tout aussi forte du nombre de
 candidats à l’entrée, de sorte que le taux de sélection dans les différentes procédures d’admission
reste à peu près stable. Il n’est donc pas « plus facile » de rentrer à Sciences Po aujourd’hui qu’il ne 
l’était il y a cinq ans.

– Les procédures d’admission telles qu’elles existent actuellement, et en particulier le concours,
ne sélectionnent pas uniquement les étudiants sur leur capacité à suivre les cours et à « tenir 
le rythme » du Collège Universitaire. Il ne fait aucun doute qu’une majorité, voire la plupart, des
 candidats à l’entrée ont la capacité de suivre un cursus qui n’est pas réputé pour sa difficulté, ni
d’ailleurs pour l’intensité de sa charge de travail. 

La Péniche.net ajoute fort justement que le redoublement était traditionnellement – et demeure – 
beaucoup moins important à Sciences Po qu’à l’université… Ce qu’elle explique par l’existence d’une
 sélection à l’entrée ! Ce raccourci fallacieux semble oublier le fossé qui existe aujourd’hui entre nos
 conditions d’études et celles qui prévalent à l’université. Un étudiant de Sciences Po coûte presque
deux fois plus cher à l’Etat qu’un étudiant à l’université, ce qui lui permet notamment de bénéficier
d’un taux d’encadrement très supérieur, facteur propice à sa réussite.

 Ainsi, pour l’UNEF, l’administration de Sciences Po doit tout mettre en œuvre pour garantir
 la réussite de tous… Mais la poursuite de cet objectif ne saurait passer par un durcissement
 de la sélection à l’entrée, qui serait non seulement inefficace mais également injuste puisqu’il
 accentuerait mécaniquement les biais sociaux. En revanche, comme le suggère très bien l’article, il serait pertinent d’engager une réflexion sur les 
méthodes pédagogiques et les modalités de contrôle de connaissance, afin d’éviter décrochages et
effets « couperet » parfois arbitraires de la notation. C’est ce que défend l’UNEF depuis plusieurs
 années déjà. Systématisation des rattrapages,
 double correction des copies dont la note est inférieure à la moyenne, transparence des critères
 d’harmonisation, compensation semestrielle des crédits : de nombreuses avancées restent à
obtenir !