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Archive for the ‘Engagements’ Category

Les innovations pédagogiques sont l’un des grands chantiers de l’UNEF

1.) Sciences po english vs sciences po-lyglotte

Malgré les nombreuses avancées obtenues au cours du mandat 2009, l’enseignement des langues à Sciences Po a encore bien des progrès à faire. L’UNEF juge qu’un étudiant prêt à affronter un marché de l’emploi international ne doit pas seulement maîtriser l’anglais, mais être polyglotte. L’apprentissage simultané de deux langues ne vient en rien mettre un frein à notre progression en anglais quant on sait que les étudiants des campus délocalisés étudient jusqu’à trois langues à la fois. Néanmoins, cela ne prendra sens que si la pédagogie est également repensée en proposant pendant les cours de langues des exercices adaptés aux besoins réels des étudiants. L’UNEF loue par ailleurs les vertus particulières des conférences en langues étrangères qui viennent lier la pratique de la langue à un contenu intellectuel riche. Enfin, le système des langues à Sciences Po est injuste dans la mesure où il oblige les étudiants à financer leur IELTS/TOEFL en deuxième année, obligation de scolarité « masquée » pour le départ en troisième année.

Pour un système d’enseignement des langues plus juste et enfin efficace, l’UNEF revendique

– Un enseignement en langue qui ne soit pas focalisé sur l’IELTS et qui permette le réel progrès des étudiants (développement du tutorat individuel, conseils personnalisés…)

– Un accès à la LV2 pour tous !

– Le développement des conférences en anglais de la première à la cinquième année

– Une certification externe gratuite garantie pour les Deuxième année et les M2

2) La scolarité en master : des progrès à faire…

Dans tous les masters, l’UNEF reste attachée au système de troncs communs, qui constitue le creuset d’une «culture commune» des étudiants de Sciences Po et une garantie contre la sur-spécialisation des cursus. C’est pourquoi nous serons vigilants face à la tendance à la suppression de ces cours dans les maquettes pédagogiques des Ecoles. Concernant les masters recherche, compte tenu de l’avancée de la date des soutenances en juin et du fait que la thèse doit désormais s’inscrire dans la continuité du mémoire, les étudiants doivent pouvoir commencer leurs recherches le plus tôt possible. En outre, de nombreux décloisonnements sont à élaborer à partir du 2nd cycle : l’UNEF demande à ce que les réorientations entre voies professionnelles et scientifiques soient facilitées. Les étudiants de Master recherche doivent avoir le choix de ne pas poursuivre en thèse tout comme les étudiants de Master Pro doivent avoir la possibilité d’intégrer le programme recherche en doctorat.

Pour améliorer l’offre de forma tion et les liens entre tous les masters, l’UNEF propose :

– la diversification du panel de cours de troncs communs,

– la généralisation du tutorat dès la première année de master recherche

– la création de passerelles entre les masters recherche et les masters pros.

– les chartes pédagogiques, outils de l’autonomie

3) Pour valoriser la réflexion et protéger l’égalité entre tous les étudiants !

Bien souvent, la pédagogie à Sciences Po se résume malheureusement à l’exposé et aux fiches techniques. L’UNEF milite pour des méthodes de travail plus diverses, au cours desquelles chaque étudiant pourrait développer une réflexion personnelle réellement fouillée, fondée sur des lectures et argumentée. Les chartes pédagogiques doivent être les outils de ces méthodes de travail intelligentes et doivent permettre d’encadrer les conférences de méthodes afin de développer l’esprit critique de chacun.

Par ailleurs, l’absence de cohésion dans les travaux exigés par les professeurs entre les conférences d’un même cours est flagrante, ce qui conduit à une forte hétérogénéité dans la charge de travail des étudiants. Le même problème se pose avec les modalités de contrôle de connaissances. Un minimum de contrôle continu doit être garanti dans chaque conférence pour évaluer la progression des étudiants au cours du semestre.

Pour des méthodes de travail intelligentes et harmonisées,

l’UNEF propose :

Le développement de méthodes de travail plus variées en conf’, par exemple basées sur des travaux de recherche.

Que les chartes pédagogiques stipulent l’ensemble des notions qui doivent être à minima discUtées au cours du semestre.

Que soit spécifié un nombre maximal de travaux exigibles, que la note de gueule soit limitée à 10% de la note finale, et qu’un minimum de contrôle continu soit garanti.

4) E-learning oui ! Amphis AUSSI !

Face au manque de places en amphis depuis l’année dernière, la seule réponse de la direction a été le lancement des e-cours, des e-conférences ainsi que le développement des vidéoconférence. La position de l’UNEF sur ces « innovations » a toujours été claire : Le e-learning doit être un outil complémentaire au service des étudiants qui leur permet d’enrichir leurs prises de note et de faciliter leurs révisions, mais il ne peut en aucun cas remplacer la présence physique du professeur.

La grande campagne que nous avons mené l’an dernier nous a permis entre autre de mettre fin à toutes les e-conférences. Néanmoins l’UNEF constate que de très nombreux étudiants sont encore contraints de suivre leurs cours magistraux en vidéoconférence uniquement. C’est par exemple le cas du cours fondamental d’Institutions politiques de première année, qui du fait d’être intégralement dématérialisé, souffre d’un contenu obsolète, puisque l’enseignement diffusé date de 2007. Extrait du cours sur le régime politique américain : « Suivez attentivement les élections présidentielles à venir ! ».

Pour faire valoir le droit à des conditions d’études de qualité pour tous, l’UNEF continuera à se mobiliser pour :

– La tenue de tous les cours magistraux en présentiel.

– Le dédoublement de tous les amphis qui le nécessitent, sur le principe « Un étudiant, une place en amphi ».

– Le développement rapide du e-learning en tant qu’outil complémentaire pour l’ensemble des cours

– La possibilité d’accès à tous ses e-cours pendant tout le semestre, du premier cours aux partiels.

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Aujourd’hui la sélection qui s’instaure à l’entrée des différents masters de Sciences Po est une véritable atteinte à l’autonomie des étudiants… C’est pourquoi nous nous positionnons contre, et vous invitons à voter UNEF le 9 et 10 février, afin que vos élus étudiants puissent défendre le droit qu’ont les étudiants de choisir librement leur domaine d’études !

Depuis plusieurs années, Sciences Po a mis en place trois instruments de sélection entre le premier cycle et le master.

1. En Février 2009, une hausse drastique des frais de scolarité est votée, ainsi que l’instauration de la différenciation du montant de ces derniers entre les cycles. Cette différenciation des frais de scolarité, jusqu’à 3 600€ d’écart d’une année à l’autre !- constitue une sélection sociale scandaleuse. Que la direction et les autres syndicats (ayant tous voté pour ce principe) aillent se justifier par exemple auprès des étudiants étrangers, qui, boursiers ou non, qui vont devoir payer 12 500 euros à leur arrivée en Master !

2. L’« écolisation », transformation progressive des masters en écoles au rythme d’une par an, donne à ces masters plus autonomes l’objectif de « rentabiliser » leurs formations. Elles en sont conduites à ajuster leur recrutement sur le taux d’insertion à court-terme de leurs diplômés et à instaurer des processus de sélection à leur entrée. L’UNEF dénonce la montée croissante d’une sélection, rappelons-le illégale, et défend fermement le choix par l’étudiant de son cursus de formation.

3. Le dernier instrument, plus ambigu, part d’une revendication historique de l’UNEF votée en 2009 : la mise en place d’un bachelor de fin de premier cycle. Dès son instauration, nous nous sommes promis de rester vigilants : en effet, le bachelor, s’il nous l’espérons comme une porte de sortie bienvenue, si souhaitée, après la 3A, peut également se transformer en un réel siège éjectable pour des étudiants ne l’ayant pas choisi. Ce qui nous amène à nous interroger sur la valeur de ce même bachelor : quelle sera la crédibilité d’un diplôme qui ne garantit même pas l’accès à la poursuite de nos études ?

C’est aujourd’hui un fait, la sélection s’installe à grands pas entre le Bachelor et les Masters de l’IEP. Cet été, 10 étudiants de Sciences Po sur 50 qui avaient demandé à intégrer l’école de la Communication, officiellement non-sélective, se sont vus refuser l’accès au master de leur choix. L’UNEF est alors intervenue et a obtenu la réintégration de trois d’entre eux.

Les masters Affaires Publiques et Finance sont les plus réputés, pourtant, ils ne sont pas sélectifs. Pourquoi alors introduire une sélection, illégale et arbitraire, dans les autres filières ? Encore une fois, la logique « court-termiste » (voir ci-contre) prime le souci de pédagogie et de formation, alors même que les débouchés sont extrêmement variables selon la période. Au lieu de donner les moyens à chaque filière d’être efficace dans sa pédagogie et d’investir dans un vrai service d’orientation, on trie sur le volet un quota d’étudiants afin d’être sûr que les sondages TNS-SOFRES seront satisfaisants.

L’UNEF propose au contraire une véritable politique d’orientation, dont la mise en place du Forum de l’orientation fait partie intégrante. Bien évidemment, chacun prendra en compte les débouchés dans son choix de master -en atteste la diminution des effectifs en Finance & Stratégie depuis la crise- mais la motivation éclairée et le projet personnel doivent être les seuls déterminants de la poursuite d’études. Parce que nous avons tous le droit de choisir la voie dans laquelle nous voulons construire notre vie professionnelle et alors que nos diplômes nous délivrent une formation qui permet de franchir les rigidités à court-terme du marché du travail, nous exigeons le maintien du libre accès des étudiants au master de leur choix !

Ainsi, l’UNEF Se mobilisera pour :

La fin de la sélection dans les écoles, et la garantie que les prochaines écoles ne seront pas sélectives. La volonté et la motivation des étudiants doivent être respectées, tout comme les droits étudiants et les textes votés en conseils !

Une vraie politique d’orientation, avec une nformation complète disponible tout au long du cursus et la possibilité d’entretiens individuels réguliers.

L’’ajustement des frais de scolarité de master sur ceux des premier cycles.

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La polémique sur l’objectif fixé par le gouvernement d’atteindre 30% de boursiers dans les grandes écoles a occupé le devant la scène médiatique ces derniers jours. Le refus de la Conférence des Grandes Ecoles d’atteindre cet objectif est pour l’UNEF parfaitement scandaleux. Prétendre que tout autre politique que celle consistant à aider individuellement les étudiants « mènerait inévitablement à la baisse du niveau moyen » s’apparente à un fétichisme du concours unique et sous-entend que les étudiants issus de milieux favorisés ont le monopole du travail, de l’intelligence et de la motivation. Ce faisant, les grandes écoles se défaussent de leurs responsabilités et estiment que tous les efforts doivent être fournis par le système scolaire en amont des barrières sélectives. Il s’agit d’une réaction d’auto-défense d’une élite sociale qui refuse de s’ouvrir et qui ne peut que fragiliser l’avenir même de ces écoles à terme.

Cette mesure, si elle va dans le bon sens, reste insuffisante et inadaptée pour démocratiser les grandes écoles et de manière plus générale, l’enseignement supérieur. L’UNEF rappelle que les classes préparatoires comptent aujourd’hui 30% de boursiers uniquement suite au relèvement des plafonds de ressources ouvrant droit à une bourse, et non suite à une modification de la composition sociologique de ces filières. Que Sciences Po et les grandes écoles atteignent ce niveau serait donc la moindre des choses. C’est un premier pas positif quand on sait que les étudiants issus des CSP- y sont systématiquement sous-représentés.

A Sciences Po, cela fait des années que l’UNEF se bat pour une transformation des procédures d’admission, avec une première réforme du concours votée en octobre dernier, permettant de le réduire les biais sociaux qu’il induit. La diversification des épreuves selon la filière, l’organisation de sessions en province, le rapprochement du programme d’histoire avec le programme du bac, sont autant de mesures qui rendent le concours moins socialement discriminant. Une telle réforme serait souhaitable dans les autres établissements du même type, afin de commencer un processus de démocratisation. L’UNEF réclame de plus une lutte contre la sélection par l’argent et la baisse des droits de scolarité pouvant s’élever jusqu’à plusieurs milliers d’euros.

Pour autant, toutes les mesures visant à démocratiser les grandes écoles ne seront jamais suffisantes tant que celles-ci ne seront pas pleinement intégrées au service public d’enseignement supérieur. La partition historique de l’enseignement supérieur français entre grandes écoles sélectives qui fonctionnent en vase clos et les universités est en elle-même un facteur de reproduction sociale. Cette situation conduit les élites à se reproduire entre elles à l’écart de l’université et de la recherche. L’UNEF demande la fin du monopole de fait des grandes écoles pour la formation d’excellence dans certains secteurs (gestion, administration, ingénierie) et l’intégration de ces formations au sein des universités.

Il est urgent et impératif, au nom de la justice sociale et de l’égalité entre les étudiants, de changer radicalement le système d’enseignement supérieur. L’Etat doit élever le niveau de financement des universités et leur taux d’encadrement à hauteur de ce qui se fait dans les grandes écoles, afin qu’une formation de qualité soit délivrée à tous, partout sur le territoire, et sans barrière sélective à l’entrée.

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La polémique monte en péniche en ces temps de campagne électorale: le concours d’entrée a Sciences Po risque t il d’être supprimé? Que faut il en penser? Une telle question nécessite d’éviter les réactions épidermiques et crispations en tout genre pour prendre le temps d’une réflexion posée sur les enjeux complexes et sensibles qu’elle soulève.

Il nous semble indispensable aujourd’hui de revenir sur cette polémique et de vous rendre compte clairement de l’état des réflexions sur ce sujet, à la fois à l’UNEF et à la direction de Sciences Po.

L’administration nous a depuis quelques mois fait part de ses voeux de réformer les procédures de sélection à Sciences Po. Mais à l’heure actuelle, aucune décision, aucun projet clair n’a été décidé, et encore moins proposé officiellement aux différentes instances de l’IEP. Les rumeurs qui enflent sont basées sur de pures spéculations. D’ailleurs, l’administraion a adressé un démenti à la suite de la publication d’un article dans Le Parisien. Ce qui est sûr, c’est que- et l’UNEF s’en réjouit- l’administration présente une volonté claire de rendre plus juste socialement le recrutement a l’entrée de Sciences Po.

Réformons le concours pour lutter contre les discriminations sociales

La vision fondamentale qui nous guide est la suivante: nous souhaitons réduire au maximum le biais social qui s’effectue a l’entrée de l’IEP. Il n’est pas acceptable qu’à niveau égal au bac, un enfant issu d’une famille de cadres ait 2 fois plus de chances de réussir le concours qu’un enfant d’employés. Nous jugerons toute réforme proposée en fonction de ce principe. Des études sociologique et statistiques nombreuses ont été réalisees sur l’origine de ces biais sociaux: nous mobiliserons ces connaissances scientifiques pour déterminer si les réformes proposées augmentent ou diminuent l’effet de sélection sociale tout comme nous les utilisons aujourd’hui pour murir nos propositions dans les discussions en cours a ce sujet:

  • Mettre en place des centres d’examen en province, notamment dans nos campus delocalisés et dans les DOM TOM
  • Avancer le concours en juillet (afin de limiter le rôle des coûteuses prépas d’été)
  • Modifier les épreuves. Elles doivent être plus proches du programme du bac (la ‘prépa’ la plus égalitaire qu’on puisse mettre en place c’est malgré tout la terminale) et valoriser la réflexion personnelle et l’esprit critique plutot que la forme et le capital culturel. Nous pensons aussi qu’elles doivent être encadrées par des bibliographies, thèmes et lignes directrices precises communiqués à l’avance aux candidats.
  • La gratuité du concours pour tous, car il est anormal que l’administration dégage des bénéfices sur l’organisation de celui-ci!

A ceux qui agitent le fantôme d’une soi-disant baisse de niveau/dévalorisation du concours et du diplôme, nous répondrons d’une part que c’est avant tous le taux de sélection qui fait la difficulté d’un concours, et que d’autre part la qualité et la valeur de notre diplôme tiennent a l’excellence du contenu de notre formation, pas aux modalités de sélection. Les recruteurs le savent, eux qui considèrent les étudiants issus du recrutement ZEP comme des diplômés de Sciences Po comme les autres.

Et le développement d’autres formes d’admission? Ici encore, rien n’est décidé du côté de la direction. Nous restons en ce qui nous concerne ouverts aux différentes propositions. En effet, à l’heure actuelle, les étudiants recrutés sur dossier viennent globalement de milieux sociaux plus modestes et réussissent leurs études avec, en moyenne, un point de plus que les autres étudiants., une indication de plus que  la démocratisation sociale de l’IEP, loin d’amener cette fameuse « baisse de niveau » tant redoutée, ajoute en réalité à l’excellence de notre formation. Ce constat nous a amené à développer les propositions suivantes:

  • Inclure une nouvelle procédure d’admission tournée vers les profils atypiques aux qualités non purement scolaires (n’ayant pas obtenu la mention MTB par exemple tout en présentant des compétences particulièrement intéressantes) et/ou n’ayant pas les moyens de se payer une préparation à Sciences Po. Pour ces étudiants, nous imaginons une étape d’admissibilité basée sur la prise en compte des dossiers scolaires, suivie d’un oral de sélection.
  • Introduire une sélection en 2 étapes (admissibilité/ admission). Ainsi les effets du ratio candidat/admis seront minorés (réduction des biais sociaux). Par exemple, l’introduction d’un oral après le concours nous paraitra opportune sous certaines conditions (transparence des critères de sélection).

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